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18/02/11
Bovins lait

Au Maroc : Un plan « vert » pour dynamiser la production

Doter le pays d'une agriculture facteur de croissance et remède à la pauvreté : telles sont les ambitions du Plan Maroc Vert. Dans le secteur laitier, le modèle Copag fonctionne depuis plus de quinze ans.

Le Plan Maroc Vert (PMV), imaginé en 2008 par le bureau d'études américain McKensey, réussira-t-il à dynamiser l'agriculture marocaine ? Tandis que le ministère de l'Agriculture marocain affirme que le PMV sera « moteur de croissance et de lutte contre la pauvreté au Maroc », les sceptiques soutiennent au contraire que celui-ci n'atteindra pas ses objectifs, notamment en matière d'accompagnement social.
La stratégie du Plan Maroc Vert repose sur deux piliers. Le premier vise le développement d'une agriculture moderne et compétitive. Il est construit sur le concept de l'agrégation, qui permet aux projets d'être portés par des investisseurs exploitants. Le second pilier est destiné à l'accompagnement social des petits et moyens exploitants au travers de projets sociaux, de reconversion, diversification, ou intensification. Chaque région doit favoriser son potentiel agricole, et les produits de terroir vont donc représenter un volet important de ce deuxième axe.
Pour promouvoir sa nouvelle stratégie agricole, le gouvernement marocain s'appuie sur les modèles déjà en place et qui fonctionnent. Dans le secteur laitier, la Copag, coopérative basée à Taroudant, est pionnière en matière d'intégration. « C'est une réussite », assure-t-on au ministère, pour qui l'expérience de la Copag sert de « modèle » pour la mise en place du Plan Maroc Vert.
L'entreprise rassemble actuellement soixante-dix petites coopératives adhérentes qui représentent 14 000 éleveurs. Les superficies fourragères sont de 9000 hectares pour un cheptel bovin de 80 000 têtes. Pour le président de la coopérative, le système d'agrégation a permis aux éleveurs de multiplier leur capacité de production par 3, 4, voire 5 pour certains. La productivité peut désormais atteindre 7 500 à 9000 litres de lait par vache et par an. En une vingtaine d'années, la région du Souss, au sud du Maroc, est passée d'une production de 100 000 litres de lait par jour à plus de 600 000 litres aujourd'hui.

Un élevage de 120 vaches au Maroc. La majorité des éleveurs ont encore moins de dix vaches.(M.-A. Carré)

Intégration et mise à niveau des producteurs

La Copag est présente dans l'amont depuis 1988. En 1993, elle s'est dotée d'un outil industriel qui transforme aujourd'hui 700 tonnes de lait par jour. La coopérative se place au deuxième rang des industries laitières marocaines, après la Centrale laitière, et commercialise ses produits sous la marque Jaouda. La Copag possède aussi une unité frigorifique depuis 1996, une unité d'aliment du bétail depuis 1999 et une unité d'élevage en commun de génisses et taurillons depuis 2005, d'une capacité de 11 000 têtes.
Côté éleveurs, la Copag joue son rôle d'agrégateur en encourageant la mise à niveau des coopérateurs adhérents. Un programme important est en cours pour réaliser des « complexes » de production intégrant la collecte, l'aliment du bétail, l'agrofourniture, le parc matériel, la fourniture de carburant et le traitement des eaux usées. Pour Moulay M'hamed Loultiti, président de la coopérative, cette politique contribue « au développement des régions reculées et à la stabilité des populations rurales ». Quatorze complexes coopératifs existent à ce jour et l'objectif de la coopérative est d'en créer à terme une trentaine. La coopérative possède aussi sa propre flotte de 500 véhicules pour le transport du vrac et des produits finis.

Quatre dirhams le litre pour l'éleveur

Le prix du lait payé par la Copag est de 4 DH, soit 0,36 €(1) le litre, toute l'année, auxquels peuvent venir s'ajouter une prime à la qualité de 0,15 à 0,25 DH le litre. « Un prix plus élevé de 20 à 25 % que dans d'autres régions du Maroc », précise Moulay M'hamed Loultiti. 70 % des producteurs ont moins de 10 vaches. Quelques élevages ont entre 100 et 300 vaches. Deux élevages comptent 1 000 vaches et un élevage atteint 2 000 vaches. Mais ces cheptels d'un millier de bêtes ou plus ne sont possibles que chez les éleveurs qui peuvent investir dans la terre au nord du Maroc pour cultiver du maïs ensilage.
Lkam Lahoucine, lui, élève 120 vaches laitières qui produisent en moyenne 8 000 litres de lait par an. Les génisses restent sur l'exploitation tandis que les veaux partent à l'atelier d'engraissement de la Copag. Son coût de production est de 3 à 3,5 DH par litre. La ration, distribuée deux fois par jour, se compose de maïs ensilage, paille de blé et luzerne déshydratée mélangée à un complément, du soja et des minéraux. Les cultures, maïs et luzerne, sont irriguées au goutte à goutte. Huit personnes travaillent sur l'exploitation. Depuis qu'il est adhérent de la Copag, il estime avoir relevé son niveau de vie. L'apport technique de la coopérative lui a permis de baisser les coûts de production de son aliment et d'augmenter sa productivité. « Maintenant, c'est rentable ! », lance l'éleveur, qui ne compte pas en rester là.

 

Lait UHT en brick, lait de consommation courante en sachet et autres produits laitiers de la Copag sont commercialisés sous la marque Jaouda. (M.-A. Carré)

 

Filière lait marocaine : les résultats attendus avec le Plan Maroc vert

La production de 3 millions de tonnes de lait en 2014 pour un investissement global de 12 milliards de DH, générant 40 000 emplois supplémentaires ;
L'amélioration des conditions d'accès des consommateurs au lait et produits laitiers pour atteindre un niveau de consommation aligné sur les standards internationaux, de 250 g/j/personne à l'horizon 2014. La consommation actuelle est de 57 litres par habitant
et par an (contre 41 litres en 2000) ;
L'autosuffisance en matières premières laitières. L'objectif est de couvrir 80 % des besoins en produits laitiers ;
Un chiffre d'affaires escompté, au niveau de l'amont à l'horizon 2020, de 15 milliards de DH, générant une amélioration des revenus des producteurs d'un facteur deux à trois. Le chiffre d'affaires au niveau de l'aval pourrait atteindre 18 milliards de DH.

Source : ministère de l'Agriculture marocain


 

Salle de traite 2x5 chez Lkam Lahoucine, éleveur laitier du Souss. Son objectif : améliorer encore la productivité. (M.-A. Carré)

 

Secteur laitier marocain : les chiffres clés

• 2,8 millions de têtes de bovins lait
• 1,2 million de vaches laitières
• 45 % de races locales très rustiques (Blonde d'Oulmes, Brune de l'Atlas…), 10 % de races « pures » importées (Holstein, Montbéliarde, Flekvick), 45 % de croisées (race locale x race importée). L'objectif est d'arriver à un pourcentage de 10, 55, 35 au lieu de 45, 10, 45
• 2100 millions de litres de lait produits (contre 1150 millions en 2000)

(1) 1 dirham marocain (DH) = 0,089 €. Pour faciliter le calcul mental : 10 DH marocains correspondent à peu près à 1 €.

Source : Réussir Lait Février 2011

Marie-Annick Carré
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