Aux Pays-Bas et en Belgique : La filière laitière se prépare à une hausse de 20 %

Costie Pruilh

Le réseau European Dairy Farmers a présenté les résultats d'une enquête européenne. Au cours de cette journée BTPL(1), un éleveur belge et un économiste néerlandais ont évoqué l'après-quota dans leurs pays.

Les éleveurs les plus optimistes se situent plutôt dans le nord de l'Europe, d'après les résultats de l'enquête de tendance annuelle, menée par le réseau European Dairy Farmers (EDF), auprès de plus de 2 000 éleveurs européens, dans dix-sept pays. Ils ont été sondés début 2010.

Les Pays-Bas font partie des pays les plus optimistes, malgré les contraintes qui freinent leur développement. (J. Danin)

Les Pays-Bas font partie des pays les plus optimistes, malgré les contraintes qui freinent leur développement. (J. Danin)

Les nordiques se sont déjà adaptés aux fluctuations

Les pays où l'on trouve le plus d'éleveurs estimant que leur situation économique est bonne à très bonne sont l'Irlande, les Pays-Bas, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Pologne… Pour les deux ans à venir, ceux qui sont les plus optimistes sont les mêmes, ainsi que les Danois, qui estiment qu'ils seront alors sortis de la crise.
« Les Néerlandais sont confiants dans leur capacité à surmonter les problèmes. La transformation participe à cette confiance. Elle leur dit qu'elle sera capable d'aller sur les marchés en croissance et qu'elle pourra valoriser tout leur lait. Les Irlandais et les Britanniques ont foi en leurs capacités à s'adapter pour produire du lait toujours plus rentable. A l'inverse, les pays du sud sont pessimistes, surtout l'Espagne, du fait de la crise générale », analyse Gaïd Peton, ingénieur BTPL et animatrice du réseau EDF.

Investir malgré tout pour continuer à évoluer

Les éleveurs enquêtés ont surtout choisi de reporter des investissements pour faire face à la hausse des charges et à la baisse du prix du lait en 2009. Malgré tout, trois quarts des enquêtés ont fait part de leur intention d'investir en 2010/2011. « Ils reportent de gros projets, mais investissent malgré tout pour continuer à évoluer », note Gaïd Peton.
Ceux qui comptent le plus investir dans les douze prochains mois sont les pays du nord. En tête, les Pays-Bas et l'Allemagne (environ 2000 euros par vache), le Danemark, la Pologne (1700 euros) et la Belgique. « Crise ou pas crise, ils ont choisi de se développer. Ils sont en train d'apprendre à s'adapter aux fluctuations. Certains, par exemple, ont choisi délibérément d'investir en période de crise, pour bénéficier de meilleures conditions d'achat. »
Les choix d'investissement sont assez différents. Certains pays ciblent prioritairement la spécialisation laitière, comme les Irlandais, les Britanniques et les Néerlandais. « En Irlande, ils veulent saisir l'opportunité des prix du foncier qui baissent, pour acheter des terres. » Ceux qui projettent d'investir dans les énergies renouvelables sont peu nombreux : l'Allemagne, la France et l'Italie.
En Allemagne, l'investissement dans le biogaz dépasse en moyenne l'investissement dans l'atelier lait, par vache. L'utilisation d'ensilage dans les digesteurs fait pression sur le prix des terres. Du coup, on peut se demander quelles conséquences aura la concurrence entre le lait et le biogaz ? Et si la production laitière augmentera ou pas en Allemagne.

(1) BTPL (bureau technique de promotion laitière).

Source Réussir Lait Janvier 2011

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires