Chiffres EDF : Des élevages en difficulté partout en Europe

Costie Pruilh

Avec un prix du lait de 250 euros par tonne, seules la moitié des exploitations du réseau European dairy farmers peuvent couvrir leurs coûts de production et assurer une rémunération minimum du travail.

Avec un prix du lait de 250 euros par tonne (34 % de MP, 40 % de MG), seules 6 % des exploitations du réseau EDF (European dairy farmers) sont « rentables », c'est-à-dire qu'elles couvrent leurs charges opérationnelles et de structure, le coût de la main-d'oeuvre, les intérêts, la rémunération du capital et du quota. Si on ne tient pas compte du prix du quota, environ 8 % des exploitations sont alors capables d'atteindre un résultat positif.
Mais en ces temps de crise, le réseau EDF a mis au point un nouvel indice, ou seuil de rentabilité court terme, qui signale le prix du lait nécessaire pour payer toutes les charges décaissées, y compris les intérêts d'emprunt, et pour payer à moitié le travail familial. Avec un prix du lait à 250 euros par tonne, seules 48 % des exploitations atteignent leur seuil de rentabilité court terme. L'Irlande est toujours la plus compétitive du réseau, malgré un prix du lait parmi les plus faibles d'Europe.

Le lait à 355 €/t sur 2008-2009

Les 256 fermes participant à l'étude 2009 couvrent des périodes comptables différentes, avec des dates de clôture allant de janvier 2008 à avril 2009. Le prix du lait moyen annuel était bien au-dessus de ce qu'il est depuis début 2009 (355 €/t). Pourtant, il permettait de couvrir tout juste les charges totales moyennes (347 €/t hors charges liées au quota). Une moyenne qui cache des disparités. À ce prix du lait, seules 60 % des exploitations couvraient tous leurs coûts hors celui du quota. C'est que les charges ont beaucoup augmenté de 2006 à 2008. Un des enseignements de cette étude vient du fait que, malgré des périodes comptables décalées, les différences dans les résultats étaient plus liées à la performance individuelle des exploitations qu'à leur appartenance à une période comptable donnée. Et, comme il est souvent répété dans le réseau, plus que l'appartenance à un système ou un pays, c'est la gestion des exploitants qui fait les résultats des exploitations.

Aujourd'hui, le prix du lait moyen 2009 est bien plus faible. Mais de l'autre côté, le coût de certains intrants a baissé, et les éleveurs ont pris des mesures pour baisser leurs charges. « On sait qu'en période de prix plus favorables, les exploitations relâchent un peu l'attention sur les charges. Dans le contexte actuel, elles resserrent les boulons. On ne sait pas encore dire au final quels résultats sortiront les exploitations sur 2009 ; certaines arriveront à passer le cap, d'autres arrêteront le lait… », indique Gaïd Peton, du BTPL (Bureau technique de promotion laitière).

 

L'étude 2009 du réseau EDF (European dairy farmers) a été faite à partir de 256 exploitations laitières de dix-huit pays.

Source Réussir Lait Elevage Octobre 2009

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