Compléments de fin campagne : il faut partir à point !

Benoît RONCIN

Compléments de fin campagne : il faut partir à point !

Rien ne sert de vouloir produire son complément laitier de fin de campagne à tout prix. Il faut partir à point !

Pour un certain nombre d’exploitations, la production d’un complément laitier de fin de campagne a été intégrée dans la stratégie de l’année. Elles produiront donc ce volume supplémentaire sans difficulté. Pour d’autres, la campagne hivernale est altérée par une qualité des ensilages de maïs décevante, un prix des concentrés qui a freiné les niveaux de complémentation, et un prix du lait en baisse en fin d’année dernière.

En ce début 2013, le prix du lait prend une meilleure orientation, y compris le prix «B». Ce dernier concerne les volumes additionnels dans les laiteries qui pratiquent le «double volume/double prix». Aujourd’hui, y a-t-il lieu de rechercher à tout prix la production des compléments ? Quelles sont les meilleures actions à mettre en œuvre et celles à éviter ? La rentabilité sera-t-elle au rendez-vous ?

Calculer ses coûts marginaux

La réponse est à rechercher dans le calcul du coût de production de ce litrage marginal. Puis,  il faut comparer ce coût avec le prix de vente du lait, tout en tenant compte des conséquences annexes (santé du troupeau, préparation de la prochaine campagne…). Cependant, il n’existe pas un, mais plusieurs coûts marginaux qui dépendent de la méthode de production de ces derniers litres.
Prenons, par exemple, une exploitation d’un quota de 400.000 litres avec 55 vaches laitières produisant 7.500 litres chacune en moyenne. L’alimentation hivernale est basée sur le maïs ensilage.
L’exploitation est actuellement en mesure de produire son quota, mais pas le complément annoncé par sa laiterie à 3 %, soit 12.000 litres. Le prix des concentrés s’élève en moyenne à : concentré azoté = 440 €/T ; céréales = 225 €/T.

Face à la problématique posée, les solutions qui visent à augmenter le nombre de vaches traites d’ici la fin de la campagne sont à privilégier par rapport aux solutions d’augmentation de la production par vache.

Choisir la bonne alternative

Dans les 70 jours de campagne qui restent, deux options se présentent :
- avoir plus de vaches en lactation,
- produire plus de lait par vache.
Le tableau 1 présente l’analyse des différentes solutions envisageables.

Le tableau 2 nous présente maintenant le bilan financier des solutions selon le prix de vente du lait qui serait obtenu d’ici la fin de la campagne. Le prix de base du lait B pourrait se situer autour des 300 €/1000 litres (selon les premières annonces des laiteries), soit un prix moyen autour de 320 €/1000 litres après plus-value.

La production du complément par une augmentation des livraisons en fin de campagne est donc intéressante économiquement, si elle peut être mise en œuvre par une hausse du nombre de vaches en lactations. Cependant, la meilleure stratégie économique de gestion du volume reste un bon démarrage en début de campagne afin de gérer la production de manière économe sur les derniers mois.

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