Crise du lait: échec du second volet des négociations, les manifestants lèvent le camp

Crise du lait: échec du second volet des négociations, les manifestants lèvent le camp

Après l'échec vendredi soir d'une deuxième session de négociations sur le prix du lait avec Lactalis, la FDSEA 53 a appelé contre toute attente les manifestants à cesser leur occupation, entamée lundi dernier, d'un rond-point près d'un site industriel du groupe laitier, à Laval.

"La manifestation est terminée. On n'avait pas d'intérêt à rester jusqu'à lundi. Vous obliger à tenir, ça servait à rien", a déclaré samedi, peu avant  01H00 du matin, devant quelque 200 agriculteurs, Philippe Jéhan, président de la FDSEA de Mayenne. "C'est partie remise, on va lever le camp. La manif est terminée", a-t-il ajouté. M. Jéhan a justifié ce choix par la décision du tribunal rendue vendredi en soirée et contraignant les manifestants à libérer au moins un des accès du site industriel sous peine d'une astreinte financière. "On préfère lever le camp car on a une astreinte rue Arago. Vous auriez vu les camions partir. Si on les bloquait, c'était 5.000 euros de l'heure", a-t-il dit.

"La stratégie, on la rebâtit  demain. On ne va pas capituler, on ne lâchera pas", a déclaré au micro, devant les manifestants, Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA."On va identifier les points sur la carte et on va aller devant chaque site 
Lactalis, entre autres comme actions, pour continuer et réussir", a-t-elle ajouté. "Comme tu le dis Philippe (Jéhan), Xavier Beulin (président de la FNSEA, ndlr) est le capitaine le plus armé pour identifier les solutions. On va tout mettre en oeuvre, avec les JA (Jeunes Agriculteurs, ndlr), sur cette voie-là", a-t-elle ajouté.

'Stratégie nationale'

Mme Lambert a précisé que, " demain (samedi), une réunion  téléphonique est prévue avec Xavier Beulin et on organise la stratégie d'envergure nationale pour faire revenir Lactalis sur une négociation". Aucune date n'a été évoquée par les négociateurs représentant les producteurs pour une éventuelle reprise des discussions avec Lactalis. Débutée  vendredi vers 18H00 à Laval, la deuxième session de négociations, au lendemain d'une session-marathon de 11 heures à Paris, s'est achevée peu avant  23H00."Nous, la revalorisation qu'on demandait est à peine de 10% alors qu'eux (Lactalis) sont restés à 6%", a expliqué à l'AFP Sébastien Amand, vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre (OPNC), qui a participé aux négociations. 
 

Les 6% proposés par Lactalis correspondent grosso modo à la hausse de 15 euros les 1.000 litres au  1er septembre, soit environ 271 euros la tonne, annoncée unilatéralement  vendredi matinpar le géant laitier dans un communiqué. Les 10% revendiqués par les producteurs représentaient une hausse d'environ 26 euros les 1.000 litres, soit 282 euros la tonne."Vu l'écart des prix, on pensait que ça servait à rien, qu'on n'arriverait pas à trouver un accord. Ca servait à rien de rester là et de laisser passer les camions", a commenté Jérémy Trémeau, président des JA de Mayenne.

300 euros la tonne au minimum

A l'issue des premières négociations à Paris, le médiateur des relations commerciales agricoles Francis Amand, absent à Laval, avait précisé qu'il avait fait une "proposition de la dernière chance à 280 euros les 1.000 litres" pour les cinq derniers mois de 2016 par rapport à un prix actuel d'environ 257. Cette offre portait l'augmentation à 23 euros, une offre acceptée par Lactalis, selon le médiateur, mais refusée par les représentants des producteurs.Les producteurs estiment leurs coûts de production au minimum au-delà de 300 euros la tonne. Avec un prixde 257 euros/T, ils travaillent donc à perte et creusent le déficit de leurs exploitations. Rien ne laissait présager la décision de lever le camp, prise vendredi soir. 
  

"S'en aller c'est donner victoire, si on laisse l'accès a l'entreprise, elle a gagné à jamais", déclarait à l'AFP  vendredi midi Pascal Clément, président de la section laitière de la Fédération régionale des syndicats agricoles (FRSEA) du grand Ouest.Devant l'usine, des tours de garde avaient d'ores et déjà été organisés jusqu'à lundi.Dès la fin des prises de parole, des manifestants se sont activés à démonter les installations, ranger la sono et les tables, replier les banderoles, ramasser les ordures et les bouteilles vides. Peu après  01h00, il ne restait plus sur le giratoire, rebaptisé par les manifestants rond-point de la "honte du lait", qu'une cinquantaine de personnes.

Source AFP

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Commentaires 21

mimi53

je ne vais plus manifester oui a eleveur videz les camions apres collecte mais videz les camions qui viennent de letranger ravitailler nos laiteries quand nos geants nauront plus rien chomage pour tous

beberino

réfléchissont un peut!!!
qui finance la fnsea?
25 pour cent des agriculteur sont cotisants
qui finance le reste???
la fnsea est financé en majorité par l industrie agroalimentaire et une partie du para agricole
donc ils sont vraiment mal placé pour défendre la cause agricole!!!!
les agriculteurs cotisant sont les dindon de la farce!!!

unika

Oui fred vous êtes mauvais et les amalgames ne servent pas la cause.Comme pour la défense des terres agricoles nous avons intérêt à créer des alliances pour gagner nos combats.

fred

Nous somme vraiment mauvais au point de ce faire degager d'un rond point, pendant que des zadiste occupe des terres pendant plusieurs années. Franchement il faut se bouger un peu les gars car si cette fois ci ça passe sans brocher c'est la fin,vous n'avez plus qu'a vendre vos exploitations pendant qu'elles valent encore quelque chose.

eleveur

+1 pour arnaud! bien dit!

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