Des robots de traite mobiles... Oui, cela existe !

Thierry Hétreau . Réussir Lait Novembre 2011

Robot de traite mobile belge. © T. Hétreau.
La plate-forme d'accueil se trouve au milieu de la pâture.

Vus en Belgique, en Allemagne et au Danemark. Vous avez rêvé d’un robot pour que les vaches puissent pâturer sans revenir au bâtiment ? Des éleveurs pionniers ont aménagé leur robot pour pouvoir l’emmener aux champs.

Le coût

Tout compris, le système belge se révèle plus cher qu’un simple robot. Les grandes lignes de dépenses sont les suivantes : outre le prix du robot, comptez 15 000 € pour la remorque qui abrite le tank, 40 000 € pour celle du robot, et dans le cas présent 20 000 € pour les aménagements au pâturage. Ce dernier montant correspond à un seul emplacement, sachant que le chemin pour le laitier était utilisable en l’état.

Des robots de traite mobiles... Oui, cela existe !

En France, on ne trouve pas de robot doté d’une mobilité. Pour voir un robot aménagé, il faut se rendre à l’étranger tout en restant en Europe. Certains éleveurs se sont dit que, à l’image des anciennes salles de traites déplaçables utilisées à la belle saison par des éleveurs trayant loin de la ferme, on pourrait déplacer le robot au milieu des champs à poste fixe pendant la saison de pâturage. Parmi ces éleveurs figurent les responsables de la ferme de l’Université de Liège, en Belgique, dont dépend la Faculté de médecine vétérinaire. Cette exploitation belge était dotée à la fois d’un ancien système de traite au pâturage, et d’une salle de traite tandem qui devenait obsolète. « La question s’est donc posée récemment, à l’occasion du renouvellement des équipements, du choix du nouveau système, explique Isabelle Dufrasne, responsable de l’exploitation. Nous tenions à conserver le pâturage –
 40 ares par vache - mais une route à forte circulation sépare le bloc des parcelles pâturables de la stabulation. » Pas question de la traverser deux fois par jour, et encore moins plusieurs fois avec des vaches qui reviendraient seules à la traite. « Et en tant que ferme à visée expérimentale, nous tenions à être innovants. »

Remorque accueillant le robot belge et tout ce qui l’accompagne. © T. Hétreau.

Une remorque pour le tank, une autre pour le robot

La conjonction de la proximité d’un fabricant reconnu de remorques, intéressé de surcroît par le challenge d’un prototype, et d’une concession d’une grande marque, elle aussi prête à relever le défi, a permis au projet d’aboutir, même si le chemin n’a pas été facile.
La première difficulté à contourner a été le manque de références, qui oblige à établir à partir de presque rien un cahier des charges. Une seule exploitation, qui avait elle franchi le premier pas (voir page 126) a été visitée, non loin de là, de l’autre côté de la frontière allemande. Il fallait allier solidité (pour supporter la charge du robot sans déformation de la structure lors des déplacements), mobilité (en limitant les dimensions pour circuler sur les routes), et économie (pour ne pas se doter d’un outil hors de prix).
Aujourd’hui, deux remorques sont opérationnelles, l’une pour le tank de 5 000 litres, l’autre pour accueillir le robot et tout ce qui l’accompagne. La première ressemble à une baraque de chantier neuve (2,5 m de large, 2,9 m de haut et 4 m de long hors timon), perchée sur les roues, avec le groupe froid à l’extérieur. La deuxième, celle qui a demandé le plus de réflexion et d’aménagements, est plus sophistiquée. Plus longue que la première (7 m), de la même largeur (pour circuler facilement), elle ressemble plus à un mobil-home car elle repose au sol en position de traite, grâce à un essieu hydraulique, à l’image d’une bétaillère qui doit charger des animaux.

Installer un branchement pour l’eau et l’électricité

Une plateforme d’accueil avec un système de récupération des effluents

Pas de marche ni de rampe d’accès à franchir pour les animaux qui vont à la traite, juste un seuil d’une vingtaine de centimètres. Le bâti en inox et la taille des sections sont les garants d’un bon vieillissement. Le tout est fonctionnel, avec des astuces comme ce volet roulant pour accéder latéralement au robot.

Le deuxième problème rencontré était l’accueil du dispositif au milieu de la pâture. Les contraintes sont faciles à imaginer. En amont, il a fallu installer un branchement pour l’eau et l’électricité, qui heureusement existait non loin de là, et n’a pas grevé les coûts. En aval, les effluents sont d’abord collectés dans une petite fosse disposée sous le robot, d’une capacité de 2,4 m3, puis repris dans une poche souple de 20 m3. Il a fallu construire au sol deux plateformes d’accueil, l’une pour le robot et l’autre pour la cellule à concentrés ; et autour du robot, 80 m2 de caillebotis ont été disposés sur un lit de cailloux, lui-même posé sur un géotextile, afin de consolider les zones de piétinement. Un chemin qui mène à une parcelle plus éloignée a été aménagé à moindre coût avec principalement un lit de copeaux de bois.Solution d’avenir ou pas, telle est la question. Le contexte économique dictera sa loi : le pâturage s’il abaisse le coût de production, le lait produit en bio s’il augmente le prix payé, la remorque si elle est produite en plus grande série ou si elle permet de réduire les modifications des bâtiments, sont autant de variables à suivre. Le besoin de références a conduit la France, dans le cadre du Casdar « Traite robotisée et pâturage », à suivre de près les expériences actuelles et futures. 

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