Des taureaux Blanc Bleu Belge testés pour leurs aptitudes au croisement

Franck Mechekour - Réussir Lait Octobre 2012

Des taureaux Blanc Bleu Belge testés  pour leurs aptitudes au croisement
Une plus-value de l’ordre de 80 à 100 euros pour des veaux croisés âgés de 3 semaines est envisageable, à condition d’avoir le marché en face. © H. Brismee

Le projet « Croisement terminal de Blanc Bleu sur vaches laitières de race Holstein »(1) a été mené à l’initiative de la Province de Hainaut en Belgique, en collaboration avec Gènes Diffusion. Depuis 2003, plus de 18 000 inséminations de testage ont été réalisées, 4 405 veaux ont été contrôlés et 54 taureaux ont été indexés. Au final, le poids moyen des veaux croisés à la naissance a été de 48,6 kg, avec une grande majorité (80 %) de naissances faciles chez les pluripares. « Et parmi les 20 % de naissances difficiles, il n’y a eu que 3,4 % de césariennes », souligne Hubert Brismee, chef de projet Hainaut développement, avant d’ajouter : « ce type de croisement n’est évidemment pas recommandé sur les primipares, où le taux de césarienne est plus élevé (10 à 15 %) ».

De nouvelles perspectives avec la génomique et le sexage de la semence

Cette étude confirme que pour la production de veaux ou de taurillons, les performances (indice de consommation, conformation…) des croisés sont nettement supérieures à celles des Holsteins purs. « Le croisement industriel possède beaucoup d’avantages pour la filière viande. Mais son avenir est lié à l’évolution de la PAC », rappelle Hubert Brismee. « Actuellement, il semble être en régression suite à la suppression programmée des quotas laitiers. Néanmoins, les biotechnologies comme la génomique, et surtout le sexage de la semence, ouvrent de nouvelles perspectives en donnant l’occasion aux éleveurs laitiers de mieux raisonner l’utilisation du croisement, en concentrant les investissements en génétique sur les vaches à bon potentiel et en réservant un nombre raisonné de pluripares de moindre valeur génétique au croisement terminal. »
Responsable du projet à Gènes Diffusion, André Fauvarque confirme que ce type de croisement génère « une plus-value importante (80 à 100 euros pour des veaux de 3 semaines) à condition d’avoir le marché en face ».
L’année dernière, le CIA Gènes Diffusion a réalisé près de 10 000 inséminations sur sa zone d’activité avec des taureaux BBB testés pour le croisement. Le projet, financé en grande partie par l’Union européenne, a pris fin cette année. Le testage de taureaux Blanc Bleu pour le croisement va-t-il continuer ? La balle est désormais dans le camp des entreprises de sélection belges (propriétaires des taureaux), avec ou non la collaboration de Gènes Diffusion.

(1) CTBBH est un projet transfrontalier France-Wallonie (Belgique).

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