Distributeurs de lait : Comment monter son projet ?

Costie Pruilh

Avant toute chose, les éleveurs doivent obtenir la patente sanitaire auprès de la DSV. Cette autorisation sanitaire est indispensable pour vendre du lait cru en France », indique Caroline Villeger, conseillère pour l'association Producteurs Bretagne lait frais. Autre démarche administrative : contacter la DDA pour la demande de quota vente directe.
Pour l'instant, l'association compte une trentaine d'adhérents, dont cinq ont installé un distributeur. « Chaque adhérent suit une formation de cinq jours, avec la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, la DSV, des professionnels de la communication. La DSV rappelle la réglementation en matière de vente directe, explique comment réaliser un plan de maîtrise sanitaire, avec les fiches à remplir régulièrement et à présenter lors d'un contrôle. Tout est détaillé : les conditions de stockage, les températures du tank, de l'eau de lavage, les méthodes de nettoyage… », développe Caroline Villeger. Les cinq distributeurs ont été contrôlés par la DSV. L'association prévient les adhérents qu'ils doivent compter 1,5 à 2 heures par jour pour s'occuper du distributeur. Elle insiste sur le fait que la communication est importante pour la réussite du projet.

La publicité et l'animation commerciale sont très importantes pour la réussite du projet. (DR)

La publicité et l'animation commerciale sont très importantes pour la réussite du projet. (DR)

L'implantation est stratégique

L'emplacement du distributeur de lait est également stratégique. Il doit être visible et accessible pour les consommateurs, et ne pas être trop loin de la ferme.
« On conseille aux adhérents de ne pas dépasser 10 km », précise la conseillère. « Un contrat, ou une convention d'occupation, est établi entre l'éleveur et le privé ou la collectivité. En général, le bail est moins cher sur un terrain communal. Sur les cinq distributeurs installés, le bail va de 60 à 150 euros l'année. »
À l'emplacement du distributeur, il faut juste un raccordement électrique et un compteur. Pas besoin d'arrivée ni d'évacuation d'eau, car le nettoyage des mini tanks et du circuit de distribution s'effectue à la ferme.

Deux sont installés sur un parking de zone commerciale. Les trois autres sont en centre-ville. « Les éleveurs qui les ont installés en centre-ville ont le type de clientèle qu'ils attendaient ; intéressée par le produit et par le contact avec l'éleveur », note Caroline Villeger. En moyenne, ils vendent 70 litres par jour. « Dès qu'il fait chaud, les achats baissent. De même quand l'éleveur est moins présent devant le distributeur ; ce qui montre que les gens sont sensibles au contact avec l'éleveur. » Selon Michel Besnard, un des importateurs français, les parking de supermarché sont les emplacements qui donnent les meilleurs résultats. D'après différents témoignages, les installations dans le Sud de la France fonctionneraient mieux.
Pour les cinq distributeurs, les éleveurs sont passés par Michel Besnard pour acheter le matériel. L'investissement est d'environ 30 000 euros pour le distributeur, son abri, ses deux mini tanks, son distributeur de bouteilles vides. Il faut compter en plus un tank fixe à la ferme, car le lait au distributeur doit être du jour, un véhicule de transport et un système de levage. Et les frais de fonctionnement : carburant, assurance, analyses, eau, communication, bail… Des subventions du Conseil général, régional et européennes sont possibles. Les adhérents vendent leur lait 1 euro le litre, et en bio 1,10 euro. Chez les cinq éleveurs, on estime qu'il faut vendre 50 à 60 litres minimum par jour pour rentabiliser le distributeur.

Source Réussir Aviculture Septembre 2009

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