Echanges mondiaux de produits laitiers : L'Union européenne reste un intervenant majeur

Costie Pruilh*

En 2010, les marchés mondiaux des produits laitiers ont été marqués par un retour de la demande, notamment en Chine et en Russie. La production a cru moins vite, laissant de la place à l'UE.

« En 2010, la consommation moyenne par habitant se situe aux alentours de 103 kg de lait : 244 kg en moyenne dans les pays développés, contre 68 kg dans les pays en voie de développement (statistiques de la FAO) », indique l'étude de l'Institut de l'élevage sur Les Marchés mondiaux des produits laitiers en 2010. La demande mondiale a été sensiblement supérieure à la production. En 2010, la production mondiale est repartie, après avoir quasiment stagné en 2009, mais modérément (+ 2% ou +14 millions de tonnes).

L'Asie reste le moteur de croissance

L'Asie (36 % de la production en 2010) réalise entre la moitié et les deux tiers de la croissance mondiale depuis 2005, les aléas climatiques pouvant freiner la vitalité de la production, comme en Inde en 2009. Malgré tout, face à une demande très dynamique, le déficit laitier de ce continent s'est accru, passant de 15 à 20 millions de tonnes équivalent lait entre 2008 et 2010. En Inde, la demande potentielle est importante. La démographie est galopante, et la croissance économique n'a pas été affectée par la crise mondiale. « Pour l'instant, la consommation est estimée à 90 litres de lait par an par Indien. Mais, à la différence de la Chine, le lait est au coeur de la ration alimentaire des Indiens », pointe l'étude. L'Institut de l'élevage rappelle que l'Inde reste néanmoins dans une logique d'autosuffisance alimentaire, avec des taxes à l'export et aux importations, et une politique destinée à développer la production. Celle-ci est estimée à 117 millions de tonnes. Elle progresse de 4 % par an depuis 2000 (60 % de bufflonnes, 40 % de vaches).

En Chine, la demande a retrouvé son dynamisme d'avant la crise de la mélamine, et les Chinois privilégient les produits importés. (P. Bourgault)

En Chine, la demande a retrouvé son dynamisme d'avant la crise de la mélamine, et les Chinois privilégient les produits importés. (P. Bourgault)

 

La Chine, premier acheteur mondial

La Chine connaît une croissance plus modérée depuis la crise de la mélamine, et la filière se restructure. Par contre, la demande a retrouvé son dynamisme d'avant la crise (27 kg par Chinois). Et le consommateur chinois privilégie les produits importés. La Chine est devenue le premier pays acheteur mondial de produits laitiers (4 millions de tonnes de lait). Ce sont surtout les importations de poudres qui ont bondi. Elles viennent principalement de Nouvelle-Zélande, puis de l'UE et des États-Unis. La production laitière chinoise devrait poursuivre son redressement en 2011, mais sans être en mesure de retrouver son niveau de 2007 (36 millions de tonnes).

L'Union européenne est leader mondial dans les fromages

La production de l'Union européenne a progressé de 1,3 % en 2010. La consommation européenne a légèrement progressé. La croissance de la production part surtout à l'export. « L'UE a montré qu'elle dispose d'un potentiel de croissance et qu'elle demeurera un fournisseur majeur des marchés internationaux des produits laitiers », souligne l'étude. C'est le cas notamment avec les fromages, où les exportations de l'UE ont bondi de 17 % pour atteindre un niveau inégalé auparavant. C'est essentiellement la Russie qui a tiré les exportations de l'UE. Gérard You, de l'Institut de l'élevage, rappelle que les marchés étaient là en 2010 et encore certainement jusqu'à cet été. « Mais demain, quelle sera l'évolution des prix et donc de la demande mondiale ? »

Les USA deviennent excédentaires

La demande intérieure américaine reste dynamique, notamment en fromages et produits frais. Pourtant, les États-Unis deviennent excédentaires, malgré la légère baisse de production laitière en 2009, suite aux réductions de cheptel. La production a renoué avec la hausse en 2010 (+2 %), tiré par le prix du lait. Pour 2011, USDA prévoit une stabilisation du prix du lait, et une croissance de la production à un rythme inférieur. « La hausse passe plus par une productivité des vaches accrue que par un agrandissement du cheptel. Donc leur marge de manoeuvre reste limitée », ajoute Gérard You.
Après le tassement de la production laitière en 2009, celle-ci rebondi en Argentine, Mexique, Brésil. En Argentine, les exportations de poudres sont relancées. Au Brésil, la demande intérieure est dynamique, tirée par la croissance démographique et l'augmentation lente mais régulière de la consommation par habitant (environ 142 litres en 2010). La hausse de la production ne suffit pas à satisfaire cette demande. Le pays importe de ses voisins. Comme dans de nombreux pays d'Amérique latine, la demande potentielle est énorme au Mexique, bien supérieure à la consommation (130 à 140 kg par habitant et par an). Le pays est déficitaire malgré une hausse de la production.

 

En Amérique du Sud, la production redémarre

Pour 2011, les perspectives sur le marché mondial restent bonnes jusqu'au mois d'août, date de la reprise saisonnière de la production néo-zélandaise. La production mondiale devrait continuer de progresser, et la demande mondiale devrait rester dynamique. Toutefois, on ne connaît pas encore l'impact qu'auront la sécheresse, et la flambée des matières premières et de l'énergie sur la production et la consommation.


* D'après l'étude de l'Institut de l'Elevage « Les marchés mondiaux des produits laitiers en 2010 ».

Source Réussir Lait Juin 2011

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