Effet boule de neige pour le projet lait de montagne

Patricia OLIVIERI

Déjà près de 20 % des producteurs de lait du Massif central engagés dans ce projet de différenciation.
Déjà près de 20 % des producteurs de lait du Massif central engagés dans ce projet de différenciation.

La grande distribution accueille positivement le projet de lait montagne porté par l’APLM et ses 850 producteurs.

 

Ils étaient une centaine d’adhérents en décembre dernier, six mois plus tard, l’Association des producteurs de lait de montagne (APLM) comptait pas moins de 850 membres, soit pas loin de 20 % des producteurs de lait du Massif central pour un litrage total atteignant les 160 millions de litres. Un effet boule de neige particulièrement marqué dans les départements de l’Aveyron, la Haute-Loire, et le Puy-de-Dôme même si les choses commencent à bouger également dans la ferme laitière ­cantalienne. Pourquoi cet engouement pour une démarche née voilà 18 mois ? Et que peuvent en attendre les producteurs des massifs français ? “La réflexion autour du lait de montagne remonte à 2005 et à la révision du décret montagne qui encadre l’utilisation du terme montagne introduit par la loi montagne dès 1985, rappelle Dominique Barrau, éleveur laitier avec sa fille à Luc (Aveyron) et président de l’APLM. On s’est dit alors que si les quotas disparaissaient un jour, on pourrait compenser le déficit de compétitivité(1) des élevages laitiers de montagne via une marque valorisant la notion de montagne”. Une anticipation judicieuse et un objectif à terme donc : que les royalties versées pour l’utilisation de la marque assurent à la fois le financement de sa promotion et un retour de valorisation aux producteurs. D’autant qu’une enquête menée auprès de 800 consommateurs montre que huit Français sur dix sont ­favorables à la démarche portée par les producteurs et sept sur dix prêts à acheter du lait montagne même s’il est plus cher que du lait standard. Un lait montagne qui devra respecter le cahier des charges du décret montagne(2) et être transformé uniquement en zone montagne. Restait à convaincre les producteurs et les partenaires de la filière. Un sentier sinueux qui va peu à peu s’aplanir avec des contacts porteurs avec le groupe coopératif Sodiaal qui, comme Terra Lacta (ex-Glac), se montre intéressé par cette différenciation. Fin 2010, l’APLM est créée pour donner une assise juridique à la démarche et à la future marque. Les responsables de la FRSEA Massif central se lancent alors dans une tournée de terrain pour faire connaître aux producteurs le projet auquel peuvent adhérer l’ensemble des éleveurs laitiers de montagne même si, aujourd’hui, ceux du Massif central y sont plus sensibles du fait d’un volume de lait non valorisé en AOC bien plus conséquent. “Pour autant des massifs comme la Franche-Comté sont attentifs aux avancées du lait montagne”, précise Dominique Barrau.

Premiers produits de la gamme début 2013

 

À ce jour donc, 850 producteurs se sont engagés via une adhésion de 15 € / 10 000 litres, de quoi permettre de compléter les études de marché, élaborer la marque, un plan de communication progressif, recruter un chargé de mission. L’APLM, qui ambitionne à terme de décliner sa marque via une gamme de produits (lait, fromages, produits frais...), vise pour l’automne un potentiel de 1 000 adhérents et 3 000 d’ici 2015 pour un potentiel de 500 millions de litres, soit le volume de lait non valorisé dans le Massif central. Pour l’heure, ses responsables prospectent la grande distribution avec des premiers retours positifs : “La montagne bénéficie d’une notoriété naturelle et les distributeurs considèrent qu’ils ont une carte à jouer en aidant à maintenir la production laitière sur ces territoires. Cela dit, bien évidemment, ils attendent un retour en termes d’image”, confie le président de l’APLM, par ailleurs secrétaire général de la FNSEA. Prochaines étapes : le Sommet de l’élevage lors duquel le nom et le visuel de la marque seront dévoilés puis en ligne de mire le Salon de l’agriculture à Paris début 2013 où l’APLM espère pouvoir présenter ses premiers produits.

(1)Coûts de production supérieurs de 5 à 15 % à ceux de la plaine. Productivité par vache de 5 000 l/VL contre 6 100 en moyenne française.

(2) Notamment avec une alimentation des laitières provenant à 70 % de la zone montagne, un pâturage obligatoire...

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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