En 10 ans, plus d’un tiers des exploitations laitières ont disparu

S C

En 10 ans, plus d’un tiers des exploitations laitières ont disparu

Entre 2000 et 2010, le nombre des exploitations laitières a baissé de 37% et le quota laitier moyen par exploitation a progressé de deux tiers, d’après la dernière étude du ministère (Agreste).

En 2010, le service statistique du ministère de l'Agriculture recensait 76.648 exploitations laitières bovines, soit une baisse de 37% du nombre des exploitations. Dans le même temps, la surface moyenne de ces structures s’est accrue de 36 % (95 hectares), la taille des troupeaux a augmenté de 40 % (49 vaches) et le quota moyen de deux tiers (453.000 litres).

L'agrandissement des élevages s’est fait via la redistribution progressive des quotas et des terres des exploitants qui partent à la retraite sans successeur mais aussi via une mobilité des quotas sans foncier. La baisse du nombre d’éleveurs concerne toutes les régions mais certaines sont plus touchées que d’autres. Les taux de reprises sont en effet d'autant plus élevés que les conditions socio-économiques territoriales de l'activité laitière sont bonnes.

Sud-Ouest : baisse de 50% du nombre d’exploitations

Ainsi, dans les zones sèches de polyculture-élevage du Sud-Ouest, les taux de reprise sont relativement rares : 1 installation pour près de 7 départs entre 2000 et 2010. La baisse du nombre des exploitations laitières approche dans cette région les 50 % entre 2000 et 2010, et l'augmentation du quota moyen par exploitation atteint les 88%. "Les nouveaux rapports de prix et de rentabilité entre productions végétales et animales, dans ces zones où la production laitière est peu dense, réduisent les incitations à s'installer dans la production laitière», analyse les spécialistes dans la note de synthèse Agreste.

Jura : les élevages résistent

À l’inverse, dans certaines zones de montagne (Jura, nord des Alpes, ouest du Massif Central), les élevages résistent bien et les installations sont relativement plus fréquentes. Dans le Jura, avec 1 installation pour environ 2 départs, la baisse du nombre des exploitations se limite à 22 % entre 2000 et 2010 et la hausse du quota moyen n'atteint pas les 40 %.

« Les filières fromagères sous appellation ont sans doute favorisé ces installations, pour l’essentiel dans un cadre familial, et limité les possibilités agrandissements des autres exploitations », analyse l’étude. Sur les quelque 3.000 exploitations laitières jurassiennes, 87% sont engagées dans une filière AOC.

Concentration dans l’Ouest

Dans les bassins laitiers de plaine à forte densité, le taux de remplacement des départs se situe à un  niveau intermédiaire : 1 installation pour près de 4 départs. Dans ces zones,  la tendance est à la concentration : les exploitations recherchent des tailles critiques pour faire face à la fin de quotas laitiers en 2015.  

Ainsi, dans l’Ouest, si le nombre d'exploitations a reculé de 36% en 10 ans (24.482),  la taille moyenne des troupeaux a progressé de 48 % (52 vaches) et l’augmentation moyenne des quotas par exploitation atteint 66% (492.000 litres).

Pour en savoir plus cliquez ICI

densité lait

Source Agreste Primeur

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Commentaires 6

@alan33

du lait bien payé avec la fin de quota ca veut dire , des gens qui produisent plus et au final un prix qui s'ecroule
le probleme fondamental des productions agricoles c'est que l'on demande au paysan de produire pour rien tout en ayant en face des investissements colossaux
combien d'eleveur de poulet integré ont investi dans de grands batiments pour au final au bout de 20ans avoir reussit a ne sortir que de quoi payer le batiment et encore quand il n'y a pas eu de mise au norme a faire
comment peut on tomber dans un systeme ou on investit enormement avec une si faible remuneration des capitaux investis???
la seule logique de ses systemes se serait l'industriel qui dit j'installe chez vous un batiment et contre une certaine remuneration mensuelle vous m'effectué le travail ...mais les industriels sont bien plus malins que les paysans

altitude1000

Dans notre commune de moyenne montagne, un certain nombre de fermes laitières ont disparu. La notre aussi d'ailleurs, il y a 4 ans. C'était une catastrophe moralement pour nous. Eleveurs de bon niveau;(mère à taureaux).On aurait jamais pensé en arriver là. Manque absolu de considération des éleveurs par la laiterie...coopérative...bien sûr! Il fallait toujours faire mieux... Baisse de prix...Nos enfants n'ont pas voulu continuer une vie difficile et un travail mal rémunéré. Toute la démarche a été très dure, mais l'histoire se répète; dans l'indifférence jusqu'a maintenant.
car effectivement ce sera aussi une catastrophe pour l'espace rural, des communes , des régions. C'est quand il ne reste plus que 2 ou 3 fermes sur un village que les élus commencent à réaliser que les exploitations laitières sont une vraie réalitée et force économique. Trop tard, il faut s'en inquiéter avant que les vaches ne soient vendues. Tous les emplois induits disparaissent aussi. Le savoir faire, les emplois, des petites régions historiquement laitières, toute une économie... vont disparaître. La vraie politique intelligente serait de s'en occuper avant leur mort.

azor08

c'est une veritable catastrophe pour le monde rural.une exploitation laitiere est une source d'emplois dans son environnement proche(veto inseminateur pedicure installateur salle de traite ou robot laiterie transporteurs etc...dans certaines zones c'est tout un tissus economique qui va disparaitre dans l'indifference totale surtout celle de nos élus .on ne produit pas du lait de qualite dans des usines.produire du lait c'est un savoir faire c'est une affaire de terroir.tout cela risque de se perdre.arretont le massacre!

alan33

mon père la toujours dit avec un prix du lait a 3fr toute l'annee il ne manquera jamais de lait en France, mais bon visiblement on sans fou des eleveurs qui en plus entretiennent le paysage.j'espere ne pas le voir mais bientôt on se battra pour la bouffe en france

geo

Les exploitations grandissent et les capitaux qu'elles renferment aussi. Comment dire à un jeune de 18 ans de reprendre une exploitation tout en sachant qu'il devra compenser financièrement la part qui revient à ses frères et sœurs? Il y a d'autres aspects que le revenu économique qui rentrent en cause. La pression psychologique et sociale exercée sur le jeune est très forte lorsqu'il reprend une exploitation. Le cadre familial aura aussi une importance capitale. L'installation familiale à titre principal sera désormais réservée à de très grosses structures où les parents suivent financièrement le projet et les arrangements de famille ou à de petites structures orientées dans des productions à forte valeur ajoutée avec la main d’œuvre parentale disponible "à très bas coût". Pour tout le reste, ce sera en Hors-cadre ou familial à titre secondaire pour entretenir le parcellaire.

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