En Europe, les élevages les moins dépensiers sont les plus performants

Costie Pruilh - Réussir Lait Octobre 2012

En Europe, les élevages les moins dépensiers  sont les plus performants
Exploitation laitière au Danemark. © C. Perrot/Institut de l'élevage

Le graphique ci-dessus montre que les pays dont les élevages ont des charges maîtrisées se retrouvent dans les classes d’Entrepreneur’s profit 1 (EP1) positif, sauf la Pologne, dont le prix de vente du lait et autres produits est trop faible au regard du niveau des charges. L’Italie, malgré des coûts totaux élevés, s’en sort sur la période, grâce à des prix de vente élevés. Cette première analyse renvoie à la citation de l’économiste Rainer Megerle : « Le prix du marché détermine les charges que vous pouvez dépenser ».
Ainsi, « les élevages laitiers aux coûts de production élevés fonctionnent si un prix du lait ou des produits non liés au lait très élevés sont atteints. Encore faut-il avoir l’assurance que ces niveaux de prix restent durablement élevés », conclut Steffi Wille-Sonk, du réseau EDF. L’Entrepreneur’s profit 1 (EP1) prend tous les produits de l’atelier lait (sans les aides) moins toutes les charges, opérationnelles, fixes et supplétives (rémunération des terres en propriété, du travail des exploitants, du capital). Ce critère permet d’appréhender la viabilité de la ferme à long terme. « On enlève les aides, pour se projeter dans un monde sans aides, et anticiper d’éventuels changements », précise Gaïd Peton, du BTPL et animatrice d’EDF France.

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Les plus rentables se distinguent par les charges fixes

Un autre graphique présente le Bénéfice de l’entrepreneur 2 (BEP2), un prix d’équilibre à long terme. C’est le prix du lait qu’il faut pour couvrir toutes les charges (hors charges liées au quota). Le graphique montre là aussi que les systèmes à faibles intrants sont les plus capables de dégager des profits avec un prix du lait inférieur à 350 €/t ECM(1). Mais, plus exactement, « c’est une question de ratio entre les coûts de production et la productivité par vache : quelle productivité est nécessaire pour financer toutes vos charges ? »  Ainsi, les Pays-Bas, l’Allemagne et la République tchèque sont classés parmi les plus compétitifs malgré des charges supérieures à 3 000 €/vache, grâce à une forte productivité animale. « Le rapport entre productivité des vaches et coût de production est un point clé sur lequel les exploitations ont des moyens d’agir », souligne le réseau EDF.
Enfin, un graphique classe les élevages suivant leur Entrepreneur’s profit 1 (EP1), du quart le plus performant au quart le moins performant. Les fermes les plus rentables ne font pas la différence par le prix du lait. Le quart supérieur a un prix du lait moyen plus faible que le 2e et le 3e quart. Par contre, il a le produit total moyen le plus élevé, grâce à des produits annexes plus élevés (produit viande de l’atelier lait et produit de la vente de fourrage). Surtout, il fait la différence au niveau des charges : un peu moins de charges opérationnelles, et surtout moins de charges sur le travail, les bâtiments et le matériel. Ce résultat est l’alliance d’un niveau d’investissement par vache plus faible et d’un meilleur taux d’utilisation des bâtiments, mais aussi d’un temps de travail plus faible à l’animal, qui traduit une meilleure efficacité du travail. Le quart le plus rentable a un prix d’équilibre EDF de 284 €/t ECM.

(1) ECM correspond à un lait standard ramené à 3,4 % de MP et 4,0 % de MG.

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