En Russie, une ferme d’envergure avec 1300 vaches et 16 robots

Gaëtan Coisel - Réussir Lait Janvier 2012

En Russie, une ferme d’envergure avec 1300 vaches et 16 robots
Farit Rakhimov, 28 ans, est à la tête d’un empire de 6500 hectares. © G. Coisel

À la rencontre de Farit Rakhimov, propriétaire d’une exploitation laitière de 1300 vaches, au Tatarstan, la première région laitière de Russie.

Chiffres clés

Un bâtiment de 5040 m2 que se partagent 4 lots d'une centaine de vaches. © G. Coisel

• 2 500 têtes de bovins dont 1 300 vaches Prim’ Holstein• 6500 ha de SAU (3000 ha de maïs, 500 ha de luzerne et 3000 ha de céréales et pommes de terre)• 50 salariés• 16 (+16 fin 2012) robots de traite• 10 M€ de chiffre d’affaires• 15 500 kg de lait/24 heures• 8 500 kg de lait/vache/an• 2,4 traites/VL/jour• Taux TB : 38 - TP : 34• 130 000 cellules en moyenne• 450 €/t de lait

En Russie, trois types d’exploitations cohabitent : d’anciennes fermes d’État de 200 à 400 vaches, des exploitations familiales soutenues par le gouvernement et des structures de grande envergure, accueillant un minimum de 1 000 vaches. C’est le cas de Farit Rakhimov, jeune propriétaire de 28 ans, à la tête d’un troupeau laitier de 1300 vaches à proximité de Kazan (800 km à l’Est de Moscou). Passionné par l’élevage et après des études en Europe notamment, il se lance en 2008 dans un projet colossal de 32 robots de traite en partenariat avec Delaval, déjà bien implanté en Russie à l’époque. Depuis 2009, seuls seize robots ont vu le jour. L’autre moitié sera mise en service fin 2012. Un investissement supplémentaire de neuf millions d’euros que le jeune propriétaire  souhaite amortir sur douze ans.
Farit Rakhimov s’est directement tourné vers les robots de traite car d’après lui, il est difficile de trouver de la main-d’œuvre qualifiée en Russie. Actuellement, il emploie 50 salariés, dont seulement 12 sont destinés à l’élevage : 3 inséminateurs, 2 vétérinaires pour les génisses, 1 vétérinaire pour les vaches en lactation, 3 personnes pour l’alimentation, 2 personnes dédiées à l’entretien et au nettoyage et 1 manager (vétérinaire de formation) sont en permanence sur le site. Par ailleurs, l’automatisation et ses différents indicateurs lui permettent un meilleur suivi et offrent la possibilité d’une gestion individuelle, sans pour autant mettre un pied dans un bâtiment.

Un site de production démesuré concentré sur 20 hectares

Sur le site clos de 20 hectares trônent deux bâtiments de 5 040 m2 chacun (120 x 42 m) dédiés aux vaches laitières. Deux autres, de 2 100 m2 chacun, abritent les génisses. L’exploitation compte aussi une laiterie, un laboratoire, un stockage de céréales, et pas moins de 13 silos couloirs.
La conception des bâtiments a été réalisée par Delaval, qui a fourni à l’éleveur une solution-clé en main. Les bâtiments des laitières, en place et à venir, se dessinent tous de la même façon. Ils sont divisés en quatre, dans le sens de la longueur par le couloir d’alimentation mais également en largeur. On obtient ainsi quatre lots d’une centaine de bovins, homogènes en quantité mais hétérogènes par rapport au stade de lactation. Deux robots sont à la disposition de chacun des lots. D’après Delaval, il est préférable de limiter la taille des lots à 100-120 vaches avec deux robots bien exploités (50-60 VL/robot). Dans le principe, une vache effectue 10-12 passages par jour devant la porte de tri, mais elle n’est traite en moyenne que 2,4 fois par jour.

Russie

5En hiver, malgré une température extérieure pouvant atteindre -30 °C, la température dans les bâtiments se maintient autour de 1 °C. © Gaëtan Coisel

Un nouveau projet de 6000 vaches et 120 robots en Sibérie

On dénombre pas moins de 8,8 millions de vaches en Russie. Les principaux collecteurs de lait sont PepsiCo et Danone. Ce dernier a d’ailleurs décerné le premier prix de qualité du lait de Russie à Farit Rakhimov.
Avec un lait acheté par Danone à 0,45 e/l, la ferme dégage un bénéficie de 0,15 e, son coût de production atteignant les 0,30 e/l. Entre l’activité laitière et celle des cultures, l’exploitation dégage un chiffre d’affaires d’environ 10 M€. Mais le russe, qui a l’avenir devant lui, voit encore plus loin et plus grand. Il projette de s’installer en Sibérie avec 6000 vaches et 120 robots de traite.

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Commentaires 4

Dede12

Probablement que DANONE a 45% des parts dans l'affaire russe. Ce n'est pas le modèle francais...Ici, c'est plutôt le producteur qui a construit l'aval. ça repose la question du poids et du retour dont bénéficient les producteur sur leur investissement initial.

denree318

si danone peut mettre 450 euros en russie il peut en faire autant en france et on verra si les robots de traite vont pas débarqués . 6000 vl en siberie pour sucer la glace ça fait rêver , ils vont bien nous dire qu' ils font du biogaz pour les chauffer. pour moi tout ça c'est du blabla avec un journaliste qui veut nous faire avaler des couleuvres!!!!

geifelle

Du lait à 450€, des ouvriers sous payés, cherchez l'erreur!!!
Comment les producteurs français peuvent ils rivaliser avec tous les contraintes qui leurs sont imposées??
Mais les prochaines élections (à tous les échelons) vont tout changer!!!!!!
Et avec ça il faut garder le moral...

UNIKGAS

Comment se fait il que Danone puis payer du lait à 0,45E/l en Russie?

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