Equipement de traitement : La pression augmente pour le contrôle des pulvérisateurs

Bernard Griffoul

Après deux premières campagnes de contrôle des pulvérisateurs, les résultats sont mitigés. Mais, à terme, il sera difficile de s'y soustraire.

Depuis le 1er janvier 2009, les pulvérisateurs équipés d'une rampe de plus de trois mètres sont soumis à une obligation de contrôle quinquennal pour vérifier leur bon état de marche. L'ensemble des pulvérisateurs en service âgés de plus de cinq ans doit être contrôlé en cinq vagues (selon le n° Siret des exploitations) d'ici fin 2013. Près de 37 000 pulvérisateurs ont été passés au peigne fin depuis deux ans, sur les 300 000 que compte le parc français.

L'âge moyen des pulvérisateurs contrôlés est de l'ordre de 13 ans, un tiers sont équipés de régulations électroniques et la largeur moyenne des rampes est de 20 mètres. (S. Leitenberger)

L'âge moyen des pulvérisateurs contrôlés est de l'ordre de 13 ans, un tiers sont équipés de régulations électroniques et la largeur moyenne des rampes est de 20 mètres. (S. Leitenberger)

« À terme, des points de pénalitéssur les aides PAC »

Au 31 décembre 2010, 40 % des pulvérisateurs auraient dû être contrôlés, soit théoriquement 120 000 machines. Un tiers seulement l'a été. « Pour un démarrage, ce n'est pas un mauvais résultat, estime cependant Vincent Polvèche, directeur du Groupement d'intérêt public (Gip Pulvés), chargé de coordonner le dispositif de contrôle. « Il doit rester un agriculteur sur deux qui aurait dû présenter son pulvérisateur à un contrôle et ne l'a pas fait ».
L'année 2011 va néanmoins être cruciale. Lors des contrôles PAC, le pulvérisateur fera partie des points qui seront vérifiés. Les agriculteurs qui n'auront pas respecté l'obligation de contrôle du pulvérisateur s'exposeront à une double sanction : une amende de 135 euros et, s'ils sont engagés dans des mesures agro-environnementales (MAE), une retenue de 1 % sur le montant des aides. De plus, il devront faire contrôler et mettre en conformité leur pulvérisateur dans un délai d'un mois, ce qui pourrait renchérir son coût. « Vraisemblablement, à partir de l'année prochaine, il y aura des points de pénalités sur les aides PAC, ajoute Vincent Polvèche. Le ministère sera particulièrement vigilant sur le respect du contrôle du pulvérisateur. » De plus, la directive européenne sur les pesticides imposera à son tour le contrôle des pulvérisateurs (l'ensemble du parc devra s'y soumettre d'ici le 14 décembre 2016). A terme, difficile de s'y soustraire.

Mais, au-delà de l'aspect coercitif et coût du contrôle , Vincent Polvèche veut voir l'intérêt pour les agriculteurs de la remise à niveau de leur pulvérisateur : « Si la perception des contrôles (ndlr : entre 160 et 240 euros) par les propriétaires peut parfois être vécue comme une contrainte supplémentaire, après avoir suivi l'inspection de leur matériel, les avis sont souvent différents ! C'est un moment d'échange important, qui permet de faire un point durant une à deux heures sur l'état et le fonctionnement de leur matériel. Les mesures, avec des équipements spécifiques qu'ils ne possèdent pas permettent souvent d'envisager une meilleure utilisation du matériel. Ce protocole de contrôle permet souvent de rentabiliser largement le coût de l'inspection sur les cinq années par l'économie de produits réalisée. »

Source Réussir Lait Avril 2011

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