Equipement des exploitations : Le séchage en grange, un investissement à rentabiliser

Amélie Villette

300 000 euros ! Tel est l'investissement moyen pour une installation de séchage en grange de capacité de 300 tonnes, hors autochargeuse !
Principale dépense, le bâtiment doit être raisonné. « Sa dimension dépend de la capacité de récolte journalière, 100 m2 permettant de récolter 1 à 3 hectares par jours, indiquait Yann Charrier, spécialiste français du séchage en grange, lors de la journée anniversaire des dix ans de SeGraFo Ouest (1). Pour une installation techniquement au point et afin d'éviter des surdimensionnements coûteux, une étude préalable est indispensable. »
Moins coûteuse, l'autochargeuse n'en demeure pas moins au coeur du système, et il est important de bien la choisir, sans chercher à faire trop d'économies. Faucheuse, faneuse et andaineuse sont les autres matériels indispensables, tous nécessitant une puissance de traction limitée.

Le bâtiment est le plus gros investissement, il faut donc le raisonner et éviter les surdimensionnements coûteux. (B. Griffoul)

Le bâtiment est le plus gros investissement, il faut donc le raisonner et éviter les surdimensionnements coûteux. (B. Griffoul)

Il existe des aides pour l'installation de ce type d'équipement mais elles sont très limitées, et plutôt symboliques. Il s'agit principalement d'une aide du plan de performance énergétique de près de 16 000 €. Il y a également possibilité de toucher des aides de 10 à 15 % de certains conseils régionaux. Si l'on fait le choix d'investir dans un tel système, il est donc indispensable de limiter autant que possible ses coûts de production.
« Il faut donc faire résolument le choix de l'herbe et abandonner le maïs, tranche Pascal Le Coeur, responsable de la ferme expérimentale de Trévarez. Sinon, on cumule deux chaînes de récolte, ce qui double les charges. L'idéal est de déléguer le travail du sol et n'avoir ainsi plus besoin de gros matériel de traction. » L'objectif est de maintenir des charges opérationnelles très faibles, 100 €/1000 l maximum, avec un coût alimentaire inférieur à 40 €/1000 l vendus. Il faut donc valoriser les fourrages en privilégiant le pâturage, car le stockage occasionne quatre fois plus de dépenses.
Produire de l'herbe à faible coût est possible en valorisant les engrais de ferme, en économisant les semences par pérennisation des prairies, et en limitant les traitements grâce aux mélanges.

(1) SeGraFo Ouest : Association pour le développement et la promotion du séchage en grange des fourrages dans l'Ouest de la France.

Source Réussir Lait Elevage Mars 2010

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