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15/02/10
Bovins lait

Etude de l'Institut de l'élevage : Le système canadien est-il exportable ?

Le système de quotas, véritablement géré par les producteurs, est très séduisant. Mais il a des effets pervers tout en étant tourné exclusivement sur le marché intérieur.

Le système laitier canadien a de quoi faire rêver en ces temps difficiles : le Canada est sans doute le seul pays où le prix du lait n'a pas baissé en 2009. Ceci est dû à sa politique de gestion de l'offre laitière très particulière, en place depuis 1974. Cette politique a le gros avantage d'assurer un prix du lait très élevé qui ne subit pas les aléas des marchés mondiaux, comme le montre une récente étude de l'Institut de l'élevage sur la filière au Canada.
Pour faire simple, le Canada a un système de quotas véritablement géré par les producteurs. Ces quotas, exprimés en kilos de matière grasse livrable quotidiennnement(1), reposent sur trois piliers :
— un contrôle des prix payés aux producteurs, lié au coût de production des fermes,
— un contingentement de la production en fonction des débouchés intérieurs canadiens,
— un contrôle des importations avec des droits de douane très élevés (200 à 300 %) mais des contingents à droits réduits.

Le système canadien a le gros avantage d'assurer un prix du lait très élevé qui ne subit pas les aléas des marchés mondiaux.

Un syndicat unique

Les producteurs sont organisés dans un syndicat unique. Ce sont eux qui gèrent la répartition du lait au niveau des types de fabrication (produits frais et lait de consommation) et entre les Provinces ; ils gèrent aussi les surplus, facturent le lait aux tranformateurs et paient les éleveurs.
Les prix de soutien du beurre et de la poudre écrémée sont fixés par un organisme sous la responsabilité du ministère de l'Agriculture (la Commission Canadienne du lait). Il détermine leur évolution en fonction d'un calcul complexe du coût de production(2). Ces prix de soutien ne font donc aucune référence au marché international.
En fait, toute la stratégie de la filière laitière canadienne est tournée exclusivement sur le marché intérieur en s'abritant derrière des droits de douane dissuasifs. La production de 8 milliards de litres est écoulée sur ce marché : les exportations sont anecdotiques et les importations se limitent à un peu de fromages « fins ». Ce système est très séduisant, et il convient aussi bien aux producteurs qu'aux transformateurs et aux consommateurs ; seule la grande distribution y laisse quelques plumes.

Un prix des quotas prohibitif

Mais il a tout de même quelques effets pervers, souligne l'étude de l'Institut de l'élevage. Tout d'abord, il n'incite pas à la recherche d'économies : les coûts de production des éleveurs canadiens sont élevés (ce qui est en partie lié aussi aux contraintes climatiques). Au final, le revenu par actif (excepté en 2009) est pratiquement le même que celui des éleveurs français (mais il est plus stable). D'ailleurs, cette « assurance tout risque » sur le prix du lait n'a pas empêché la restructuration des fermes canadiennes au rythme de 4,5 % par an. L'achat du quota (jusqu'à 21 €/kg de MG !) pèse énormément sur les comptes des exploitations. Le ticket d'entrée pour devenir producteur de lait est extrêmement coûteux.
Enfin, ce système nécessite une forte protection aux frontières… alors que le Canada (tourné vers l'exportation pour les autres productions agricoles) est membre fondateur du groupe de Cairns ! Un groupe de pays très libéraux qui prêche à l'OMC pour un accès accru des produits agricoles à l'ensemble des marchés mondiaux. Et l'étude de conclure : un accord à l'OMC dans le cadre du cycle de Doha semble bien la principale menace qui pèse sur l'avenir de la gestion de l'offre laitière au Canada.

(1) 1 kg correspond à peu près à la production d'une vache canadiennne.
(2) Ils sont faits pour couvrir les coûts de production de la moitié des producteurs, coût des facteurs terre/capital/travail inclus au coût d'opportunité, mais sans prendre en compte les achats de quotas.

Source : Réussir Lait Elevage Février 2010

Annick Conté

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