Evaluation génétique et conseil : Le contrôle laitier mise sur l'automatisation et le conseil

Annick Conté

Le Contrôle laitier doit faire face à l'arrivée des index « génomiques » et à la séparation de ses activités contrôle de performances et conseil.

« Nous affichons clairement notre volonté de garder notre place dans l'évaluation génétique
et de maintenir le plus grand nombre d'éleveurs dans la base de sélection », a affirmé le
président de France Contrôle laitier, Vincent Andrieu, à la veille de son assemblée générale
le 13 novembre dernier. L'arrivée de la sélection génomique — une technique qui permet
d'évaluer les taureaux directement à partir de l'analyse de leur ADN — vient bouleverser la
donne. Signe-t-elle le déclin du contrôle officiel de performances ? « Non, répond Serge
Bazin, directeur. On aura certes besoin de données moins nombreuses, mais pour valider
les index génomiques il faudra continuer à faire du contrôle de performances dans les
élevages ».
« Ce besoin sera a priori durable, a-t-il expliqué, car les chercheurs posent les marqueurs
génétiques à côté des gènes d'intérêt et non pas directement sur les gènes. Il existera donc
toujours un risque de voir le marqueur se séparer du gène lors d'une division cellulaire. D'où
la nécessité d'abaques remises à jour de façon continue pour valider les index génomiques.
» Et, génomique ou pas, les éleveurs auront aussi toujours intérêt à connaître le niveau de
production de leurs vaches et la qualité du lait produit.




Les organismes de Contrôle laitier commencent dans une quinzaine de départements à déployer des compteurs électroniques. (DR)

Les organismes de Contrôle laitier commencent dans une quinzaine de départements à déployer des compteurs électroniques. (DR)

Automatisation et fiabilité

Pour répondre à cette ambition, le Contrôle laitier cherche à développer de nouveaux
modes d'acquisition des performances. Il s'agit d'une part de faciliter la délégation aux
éleveurs. La fédération travaille dans cette optique à la définition de standard avec les
Arsoe(1) pour faciliter la récupération des données produites par les systèmes
d'identification et les compteurs électroniques, de plus en plus nombreux dans les salles de
traites et systématiques avec des robots. Il développe aussi des outils qui permettront aux
éleveurs en protocole B de transmettre par voie numérique les données qu'ils ont saisies.
En parallèle, les organismes de contrôle laitier commencent, dans une quinzaine de
départements, à déployer des compteurs électroniques. Il existe deux compteurs portables
agréés bovins qui sont couplés à une identification des échantillons par puce électronique.
Tout en automatisant la collecte des données, les compteurs électroniques la fiabilisent. «
Cette automatisation devrait permettre au protocole B de prendre son envol, souligne Serge
Bazin. Mais le système prendra tout son intérêt quand l'identification électronique fera son
entrée dans les élevages, normalement en 2010 ».




Une séparation très claire

Le Contrôle laitier ambitionne par ailleurs de développer son activité de conseil. « Le
nouveau dispositif réglementaire nous conduit à séparer très clairement notre offre de
contrôle de performances officiel de notre offre de services et de conseils, avec deux
tarifications bien distinctes, explique-t-il. C'est un vrai challenge à relever qui nous oblige à
être performants. » Renforcement de l'appui aux conseillers, animation de groupes
d'experts (en qualité du lait, reproduction, nutrition…) sont à l'ordre du jour. Le Contrôle
laitier veut également étendre le champ du conseil à l'accompagnement de projet. Une aide
à la décision que le Contrôle laitier entend apporter aux éleveurs directement ou en
concluant des alliances avec d'autres organisations.

(1) Projet Resagri.
(2) Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vosges, Meurthe et Moselle, Ain, Aube, Loiret, Yonne, Cher, Sarthe,
Orne, Manche, quatre départements bretons. Environ 0,5 % des élevages.

Source Réussir Lait Elevage Décembre 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires