Even, Coopagri Bretagne, Terrena : Un nouveau pôle coopératif laitier en France

Costie Pruilh

Les trois coopératives, qui travaillaient déjà ensemble dans Laïta, ont annoncé la création de la première entreprise coopérative de l'Ouest, qui regroupe leurs activités laitières.

Après des années de partenariats et de préparation, Coopagri Bretagne, Even et Terrena ont créé récemment un nouvel ensemble, qui forme le deuxième pôle coopératif laitier français, après Sodiaal. « Nous avons créé la première entreprise coopérative laitière de l'Ouest (Bretagne Pays de la Loire) ; dans le premier bassin laitier de France, et un des plus importants d'Europe », souligne Christian Couilleau, le directeur général de la nouvelle entité. La nouvelle entreprise naîtra officiellement le 12 juin prochain, lors des assemblées générales des coopératives. Un nom et un logo lui seront alors attribués. Et le 1er juillet, sonnera le coup d'envoi de ses activités.

Le nouvel ensemble coopératif est n°1 en beurre tradition, n°1 en poudre de lait, n°1 en yaourt et n°2 en fromage frais nature. (C. Pruilh)

Le nouvel ensemble coopératif est n°1 en beurre tradition, n°1 en poudre de lait, n°1 en yaourt et n°2 en fromage frais nature. (C. Pruilh)

Pas de chamboulements

Son président sera Dominique Chargé, actuel président des activités laitières du groupe Terrena. Elle représente 4000 producteurs de lait, 1,2 milliard de litres de lait collectés et transformés (5e place derrière Entremont Alliance), et 1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires (7e place derrière Entremont Alliance). Et son directeur général sera Christian Couilleau, actuel directeur général du groupe Even.
Cette nouvelle entreprise regroupe les activités laitières de Coopagri Bretagne, Even et Terrena. Pour l'instant, ses actionnaires sont exclusivement les trois coopératives : 50,6 % pour Even ; 31 % pour Terrena ; 18,4 % pour Coopagri Bretagne. Mais son statut lui donne la possibilité d'intégrer par la suite d'autres actionnaires, coopératives ou non.
Les éleveurs restent adhérents de leur coopérative d'origine. Le prix du lait au mois le mois sera identique pour tous les éleveurs, et chaque coopérative appliquera ses propres compléments de prix et ristournes, en fonction de ses résultats et de ses choix.

« Il n'est prévu ni fermeture de sites, ni licenciements, parce qu'une grande partie des activités laitières des trois groupes a été optimisée de façon commune depuis quelques années, notamment par des investissements coordonnés dans les fromageries et les beurreries. Ce regroupement ne se fait pas sous la pression de la crise. Il a été longuement mûri, et il marque un aboutissement dans notre travail de rapprochement », explique Christian Couilleau. Mais alors, qu'est-ce que ce regroupement va changer ?

Des marques fortes, plus de nutrition

Les dirigeants avouent que l'ancienne organisation, avec ses prises de participations croisées, empêchait les coopératives d'avancer. La nouvelle structure simplifie et clarifie l'organisation. « Elle se donne les moyens de pouvoir participer à de futures évolutions dans le paysage laitier », analyse Bertrand de Kermel, directeur de la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières).
L'objectif affiché de ce nouvel ensemble à trois est clair : « Ce qui nous fait rêver, c'est la valorisation de nos produits. » Le projet de la nouvelle structure est de réduire la part des produits industriels de commodité (essentiellement des poudres), qui représentent aujourd'hui 32 % de l'offre de l'entreprise. « Notre objectif est de réduire cette part de 1 % par an. »
Parallèlement, le projet est de développer les produits de grande consommation (PGC) et les produits spécifiques pour la nutrition santé, mais aussi les ingrédients secs à destination des industriels. La volonté de développer les marques — leur notoriété — est très nettement affichée, notamment Paysan Breton, maintes fois citées par les dirigeants. « Elle a un potentiel de développement dans les fromages », précise Christian Couilleau. Le domaine de la nutrition bénéficiera des complémentarités entre Epi ingrédients et Even nutrition. « Nous ferons du sur mesure pour nos clients. »

« Nous avons la prétention d'avoir, comme Lactalis, un large éventail de produits. C'est ce qui nous permettra de mieux résister que d'autres entreprises, aux fluctuations de prix sur les marchés des produits industriels », complète Gilbert Keromnès, vice-président de la coopérative de Ploudaniel.
L'amélioration de la valeur ajoutée passera aussi par la mise en commun de la recherche et développement. Les synergies seront aussi importantes dans le domaine de la commercialisation. « Nous étions en concurrence sur le marché de la restauration hors domicile, et sur celui des ingrédients secs. Avec la nouvelle structure, il n'y aura plus qu'une seule organisation commerciale par métier ; nous gagnerons donc en efficacité. »
Le groupe prévoit d'investir environ 100 millions d'euros sur les trois ans à venir. Les dirigeants ne souhaitent pas en dire plus pour le moment.

Source Réussir Lait Elevage Mars 2009

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