Expérimentation : Pas facile de coupler robot et maxi-pâturage

Emeline Bignon

La station de Derval cherche la voie pour concilier le robot de traite et la maximisation du pâturage avec 70 laitières. Une expérience encore à ses balbutiements, mais riche d'enseignements.

Equipée d'un robot de traite depuis juin 2008, la ferme expérimentale de Derval en Loire-Atlantique veut continuer à maximiser le pâturage. Les deux premières expériences apportent leur lot d'enseignements, malgré des résultats encore peu probants.
En 2009, tout avait pourtant bien commencé. Pendant les trois semaines de transition, les vaches accédaient au pâturage (22 ares/vache en pâturage tournant) uniquement le jour et recevaient 10 kg MS de maïs ensilage. « Par contre, les choses se sont rapidement gâtées lorsqu'elles ont commencé à pâturer jour et nuit avec seulement 3 kg MS de maïs », détaille Thomas Huneau de la chambre d'agriculture de Loire-Atlantique. La fréquentation du robot a alors considérablement diminué, passant de 2,1 à 1,8 de moyenne avec des minimums à 1,5 ! « En fait, la nuit, malgré l'absence d'eau au pâturage, les vaches ne retournaient pas d'elles-mêmes vers le robot, explique le technicien. Si cela ne se montre pas forcément gênant avec un troupeau de 50 laitières, cette situation n'est pas tenable avec un troupeau de 71 vaches traites. Chaque journée commençait avec une trentaine de traites de retard à 6 heures du matin, qu'il n'était pas possible de rattraper. » Dans ces conditions, pas étonnant que la production individuelle ait chuté de 4 kg par vache, sans parler des pics cellulaires.

Le troupeau a été scindé en deux lots pendant la durée du pâturage plat unique. Pendant qu'un lot pâture, l'autre est en stabulation, et vice-versa. (E. Bignon)

Le troupeau a été scindé en deux lots pendant la durée du pâturage plat unique. Pendant qu'un lot pâture, l'autre est en stabulation, et vice-versa. (E. Bignon)

Un temps pour la pâture et un temps pour la traite

En 2010, l'expérience a été renouvelée avec un nouveau protocole. La surface pâturable est passée à 40 ares par vache. Pendant la phase de transition (1/3 pâturage, 2/3 maïs), le même schéma que l'année précédente s'est appliqué. « Le matin, les vaches traites la nuit sortaient en premier, vers huit heures, tandis que les autres (une trentaine) restaient dans la stabulation pour passer au robot et sortaient au fur et à mesure des traites. En début d'après-midi, les premières sorties commencent à rentrer par groupes
de 3-4. Ceci a permis d'assurer une fréquence de traite de 2,1 pour 33 kg par vache. » Le 10 mai, le régime est passé à 100 % d'herbe pâturée et deux lots ont été constitués : 35 vaches en début de lactation et 35 en fin de lactation. « Dans ce système, il y a des heures pour la traite et des heures pour pâturer. Terminés les allers-retours des vaches entre la pâture et la traite en continu. »

En 2010, l'expérience a été renouvelée avec un nouveau protocole. La surface pâturable est passée à 40 ares par vache. Pendant la phase de transition (1/3 pâturage, 2/3 maïs), le même schéma que l'année précédente s'est appliqué. « Le matin, les vaches traites la nuit sortaient en premier, vers huit heures, tandis que les autres (une trentaine) restaient dans la stabulation pour passer au robot et sortaient au fur et à mesure des traites. En début d'après-midi, les premières sorties commencent à rentrer par groupes
de 3-4. Ceci a permis d'assurer une fréquence de traite de 2,1 pour 33 kg par vache. » Le 10 mai, le régime est passé à 100 % d'herbe pâturée et deux lots ont été constitués : 35 vaches en début de lactation et 35 en fin de lactation. « Dans ce système, il y a des heures pour la traite et des heures pour pâturer. Terminés les allers-retours des vaches entre la pâture et la traite en continu. »

 

Les 70 laitières sont restées 15 jours en pâturage plat unique

De 7 à 17 h, le lot des moins productrices est maintenu en stabulation. « Nous avons opté pour une circulation libre pour que les vaches en attente puissent accéder aux logettes et éviter qu'elles ne stationnent debout trop longtemps avec des logettes fermées et une auge quasiment vide (uniquement de la paille). » A 17 h, les lots permutent. D'où une astreinte recréée matin et soir pour inverser les lots. Cette nouvelle organisation a duré quinze jours. La fréquence de traite est tombée à 1,6 et la production a chuté de plus de 7 kg pour se stabiliser à 26 kg par vache. « Le temps passé au pâturage est suffisant mais celui passé au robot s'avère limitant. Nous renouvelerons le 100 % pâturage l'an prochain, plus longtemps. Beaucoup de paramètres restent ajustables tels que la constitution des lots en mixant les stades de lactation pour permettre un roulement plus fluide au robot, l'intervalle des autorisations de traite et les horaires de rotation. »

 

Source Réussir Lait Septembre 2010

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