Fin des quotas depuis le 1er avril : ce n’était pas un poisson

Jean-Philippe Arnaud

En ce premier jour sans quota, les producteurs sont venus nombreux à l’assemblée générale de la FDPL 44. Un nouveau monde s’ouvre à eux.
En ce premier jour sans quota, les producteurs sont venus nombreux à l’assemblée générale de la FDPL 44. Un nouveau monde s’ouvre à eux.

La Fédération départementale des producteurs de lait (FDPL) de Loire-Atlantique a tenu son assemblée générale le 1er avril dernier à Sautron.

En ce 1er avril, la FDPL 44 aurait pu faire croire à ses producteurs que la fin des quotas n’était qu’une blague. Mais non, les volumes ne sont plus administrés depuis ce jour. La réalité sera toutefois moins pénible que ce que chacun craignait, à condition toutefois que les producteurs soient organisés et déterminés à faire respecter les règles du jeu. C’est en substance le message qui a été passé au cours de l’assemblée générale de la FDPL 44.

Perspectives positives

La soirée a débuté par un rapide rappel de la conjoncture. Guillaume Bourge, animateur de la FRSEAO, a ainsi expliqué que « les cours mondiaux sont actuellement en hausse sous l’effet du ralentissement de la collecte et d’une reprise de la demande ». Et les perspectives sont encourageantes. « La population mondiale va s’accroître essentiellement en Asie et en Afrique », poursuit l’animateur. « Mais cette population s’urbanise et s’éloigne de la vache ». Cette évolution a son importance car la demande devrait augmenter. « Encore faut-il être en capacité de produire », soulève Pascal Clément, président de la FRSEAO ! « C’est ce qui a pénalisé le secteur laitier français en 2014 : nos entreprises n’ont pas les capacités d’inonder ces marchés à l’export faute d’outils adaptés aux produits demandés ». Mais comment interpréter le frémissement actuel ? « Si la collecte hebdomadaire de lait est quasiment similaire aujourd’hui à 2013, il est compliqué de dire comment cela va évoluer en fin d’année : tout va dépendre de la pérennité de la reprise que l’on observe en ce moment », répond Guillaume Bourge. « Mais les indicateurs peuvent laisser présager des perspectives plutôt positives à moyen et long terme ». Pour Pascal Clément, la situation de la production laitière française est pourtant loin d’être enviable. « La France est presque la lanterne rouge pour le prix payé en 2014 : seule la Lituanie est derrière. On voit que la contractualisation ne fonctionne pas car les contrats ne sont pas respectés. Et cela malgré le fait que la base de nos contrats est saine, sérieuse, euro-compatible et sécurisée avec une utilisation possible des indicateurs du Cniel ».

Privés ou coopératives : même combat

Tout au long de la soirée, Christophe Sablé, président de la FDPL 44, a donné la parole à des producteurs livrant les différents opérateurs du département, coopératifs ou privés. Que ce soit chez Lactalis, Colarena, Saint Père ou encore Terrena, le constat est souvent le même : les entreprises auront toujours besoin de leurs éleveurs. Pour Pascal Clément, les leviers d’action doivent être actionnés en fonction de son interlocuteur. « Je vous invite, cher collègues sociétaires, à participer à la vie de votre coopérative, même pour grogner. Car vous êtes souvent plus nombreux à grogner auprès de la FNSEA ou de la FDPL qu’auprès de votre coopérative. Faites entendre votre voix, les assemblées de coopérative sont faites pour cela. D’autant plus que, je le répète : dans un monde sans quota, les prix différenciés n’ont plus lieu d’être ». Pas de sentiments non plus chez les privés, même si la parole des éleveurs est souvent moins audible malgré les organisations de producteurs constituées. « La FNPL a annoncé très clairement qu’elle soutiendrait juridiquement les OP qui s’engagent dans une action de groupe pour dénoncer le non-respect des contrats », annonce le président de la FRSEAO. « Certaines se sont lancées face à Lactalis par exemple. Mais c’est vraiment un bras de fer. Ce n’est pas une fronde contre Lactalis : c’est une entreprise respectable et un bel outil industriel pour l’avenir. Mais la discussion contractuelle est trop difficile et tendue ».
Les producteurs attendent aussi un réel soutien de l’acte de production des Pouvoirs publics, qui « manquent de courage ».
Dans ce nouveau monde sans quota mais avec de réelles opportunités de marchés, les producteurs ne voudront pas passer pour les dindons de la farce.

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