Fin des quotas laitiers : "On peut être optimiste sans être naïf " (FNPL)

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Fin des quotas laitiers : "On peut être optimiste sans être naïf " (FNPL)

L'Union européenne tourne aujourd’hui la page de 31 années d'encadrement de la production laitière, décision actée et anticipée depuis 2008 au niveau communautaire. La filière laitière se veut résolument optimiste « mais pas naïve », comme le précise la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

A l’heure où les éleveurs européens tournent  la page des quotas laitiers, un certain nombre de voyants sont au vert et notamment celui de la demande mondiale en lait. Selon les experts, le marché des produits laitiers devrait en effet être en nette progression dans les 10 prochaines années. Croissance démographique et changement de régime alimentaire, notamment en Asie, tirent la demande alors que l’offre reste assez limitée. « Peu de secteurs économiques peuvent se prévaloir de telles tendances » se réjouit la FNPL (branche laitière de la Fnsea)  dans un communiqué.

Face à ces nouveaux enjeux, nos voisins européens, Néerlandais, Allemands ou Irlandais, se disent prêts à partir à la conquête des consommateurs de la planète. Tous ont prévu d’augmenter leur production de 10 à 30% d’ici 2020. En France, l’optimisme semble moins de mise et la plupart des éleveurs restent prudents.

De son côté, la FNPL appelle les entreprises laitières françaises à « faire preuve de volontarisme économique ». « La France est un grand pays laitier et doit le rester » écrit-elle dans un communiqué.  «La question aujourd’hui n’est pas de regretter les quotas qui n’ont d’ailleurs pas protégé les producteurs de lait de la grave crise laitière de 2009. L’après-quota sera ce que l’on en fera» poursuit-elle. Lors de son dernier Congrès, le FNPL a fait connaitre son ambition de production de 500 millions litres de lait supplémentaires par an.

Des quotas laitiers aux quotas de laiteries

Mais la fin des quotas ne veut pas dire, pour les éleveurs français, la fin de tout encadrement. La contractualisation entre les producteurs et les entreprises laitières a en effet été rendue obligatoire par la loi pour préparer la libéralisation du secteur, dès le 1er avril 2011. Des quotas laitiers qui laissent en quelque sorte la place à des quotas de laiteries.

Pour s’assurer du bon fonctionnement de ces contrats, la FNPL a demandé un audit sur la contractualisation et l’organisation des producteurs (OP) au ministre de l’Agriculture. Un rapport d’étape sera réalisé d’ici le 30 juin 2015 et le rapport final est attendu pour le 30 octobre.

Le syndicat estime toutefois que « L'Europe ne peut s’affranchir d’une véritable politique laitière » et réclame toujours « des outils de gestion efficaces, réactifs et réalistes. La Commission européenne et le nouveau Commissaire à l’agriculture ne peuvent pas faire comme si de rien n’était. », résume la FNPL.

La 'Conf' craint une "guerre des prix sur le marché mondial"

D’autres syndicats, même s’ils sont minoritaires, sont moins optimistes. La Coordination rurale organisait ainsi le 1er avril des opérations "feux de détresse" en plusieurs points du territoire, symbolisant les quotas qui partent en fumée, pour dénoncer "l'abandon des producteurs".

"On ne peut plus vivre avec le lait. Si la situation perdure, je pense que le mouvement va se durcir et on peut s'attendre peut-être même à des débordements", a indiqué François Ferrand, représentant de la Coordination rurale dans l'Isère. Pour lui, le prix minimum payé aux producteurs devrait être de 45 centimes le litre.

Pour la Confédération paysanne, autre syndicat agricole, la fin des quotas revient à "envoyer les éleveurs européens à la guerre des prix sur le marché mondial sans se soucier des pertes humaines". Le syndicat dénonce "une farce, orchestrée par la Commission européenne et applaudie en coulisses par une poignée de bénéficiaires". Le syndicat estime que la situation des éleveurs est "inquiétante" et demande des mesures européennes de gestion des volumes produits.

"C'est un choix de libéralisation, on ne va pas revenir dessus", a déclaré le ministre Stéphane Le Foll mardi dernier, rappelant toutefois qu’en tant que député européen, il avait  voté contre la fin des quotas en 2008. Le ministre estime que l’ « on a permis aux producteurs de s'organiser entre eux et maintenu un filet de sécurité avec la possibilité d'apporter des restitutions (dédommagements) en cas de détérioration grave du marché ». Il reconnait toutefois qu'il est difficile de trouver des alliés européens pour réfléchir à la mise en place de mécanismes pour l'après-quotas laitiers.

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Commentaires 4

dob

Plus on produit, moins on nous paye cher,
Moins on nous paye cher, plus on produit.
Plus on produite, moins on nous paye cher,
Moins on nous...

skippy

Ca sert à quoi la FNPL?

dadada

ils ont bien raison à la fnpl , soyons otpimiste et ne soyons pas naif , oui je serai a sa place je serai optimiste ( il y aura toujours du lait en france pour maintenir son salaire de cadre sup ) et ne soyons pas naif ( peu importe le nombre d'exploitation tant que j ai mon salaire)

laitier35

la fnpl n'est pas naïve, elle est irresponsable

toujours le même discours, nos voisins, et patati et patata
nos voisins, ils sont comme nous, ils veulent vivre de leur métier
quand aux quotas, méthode douce de restructuration, abandonné depuis 2003 qui c'est traduit par la crise de 2009
on attend toujours une régulation digne de ce nom pour un revenu respectant le travail dans un marché en développement dont les producteurs ne doivent pas être la variable d'ajustement

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