Gaz à effet de serre : Le méthane, principale source de GES en élevage

Franck Mechekour - Amélie Villette

Produit lors de la rumination des animaux ou du stockage des effluents, le méthane représente en moyenne 50 % des émissions de gaz à effet de serre des élevages.

Comme toute activité humaine, l'agriculture produit des gaz à effet de serre GES). Pour la France, sa part est estimée à environ 20 % des émissions totales de GES, selon le Citepa(1). La part attribuée aux élevages herbivores n'excèderait pas 11 %.
Dans la filière laitière, le méthane (CH4) issu de la rumination et du stockage des effluents d'élevage pèse entre 40 et 60 % des émissions de GES. Une vache éructe environ 500 litres de méthane par jour. Or, ce gaz à un pouvoir sur le réchauffement planétaire 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. D'où un impact fort (environ 50 %) sur le bilan des émissions totales de GES en élevage laitier ou allaitant. Les fermentations ruminales contribuent pour environ 80 à 85 % des émissions de méthane contre 15 à 20 % pour les fermentations des déjections animales. Ce qui explique les efforts de recherches importants entrepris par la profession pour réduire les émissions de ce gaz via la sélection génétique ou l'alimentation.
La production de méthane représente également une perte d'environ 8 % de l'énergie brute ingérée par les bovins. Une raison de plus donc pour chercher à limiter sa production lors des fermentations ruminales.

Trois quarts des émissions de protoxyde d'azote

Le protoxyde d'azote (N2O) est le second gaz à effet de serre émis par l'activité agricole. En France, l'agriculture contribue pour environ trois quarts des émissions de ce gaz via la transformation dans le sol des produits azotés contenus dans les engrais minéraux et les matières organiques, et dans une moindre mesure par la dégradation des débris végétaux.

Une vache éructe environ 500 litres de méthane par jour. Ce gaz à un pouvoir sur le réchauffement planétaire 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. (F. Mechekour)

Une vache éructe environ 500 litres de méthane par jour. Ce gaz à un pouvoir sur le réchauffement planétaire 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. (F. Mechekour)

 

Le CO2 est essentiellement issu de la combustion des énergies fossiles

Le troisième GES est le CO2 dégagé lors de l'utilisation des engins agricoles… Autrement dit, il est essentiellement issu de la combustion des énergies fossiles.
Beaucoup de travail reste à faire pour évaluer précisément les émissions de GES. Un projet français piloté par l'Institut de l'élevage a cependant permis d'aboutir à la création d'une méthodologie et d'un référentiel d'évaluation des émissions de gaz à effet de serre en élevage dénommé Gestim.
Cet outil informatique a permis à l'Institut de l'élevage de réaliser une étude sur l'emprunte carbone du lait et de la viande bovine jusqu'au portail de l'exploitation. Le bilan global de chaque GES est exprimé en équivalent CO2.
Il en ressort que les émissions nette (prise en compte du stockage du carbone sous les prairies) oscillent entre 0,65 et 1,05 kg de CO2/kg de lait selon les systèmes de production considérés. Pour la viande bovine, ces émissions sont comprises entre 6,4 à 9,7 kg de CO2/kg de viande vive.

Entre 0,65 et 1,05 kg de CO2 par kilo de lait

Le stockage de carbone sous prairies permet de compenser entre 5 et 50 % des émissions brutes selon les systèmes de production. Il est primordial d'en tenir compte dans les bilans parce qu'en termes d'émissions brutes, il n'y a pas de différences fondamentales entre un système extensif et intensif.
En termes d'émissions brutes, les systèmes extensifs sont « pénalisés », parce qu'il faut plus d'UGB pour produire la même quantité de lait. Qui dit plus d'UGB dit notamment plus d'émissions de méthane.

 

Pour en savoir plus

Voir Réussir Lait du mois d'avril 2010. (R Lait n° 235, p. 30 à 47)


(1) Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique.

Source Réussir Lait Avril 2010

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