Gestion : Combiner volume et valeur ajoutée pour dégager du revenu

Costie Pruilh

partir de l'analyse des résultats Ecolait des éleveurs, le BTPL a essayé de dégager comment se font les meilleurs revenus.

Lors de son premier congrès qui a eu lieu en novembre, le BTPL(1) est revenu sur trois ans de résultats Ecolait, de 2006 à 2008 (638 exploitations étudiées). Les groupes Ecolait sont des groupes d'éleveurs qui échangent sur les produits et les charges opérationnelles de leur élevage.
En deux ans, la productivité de la main-d'oeuvre et des terres a augmenté. Cette hausse joue sur l'amélioration de la marge brute par UMO entre 2006 et 2008. Autre facteur d'amélioration : la hausse du prix du lait. Mais cet effet favorable aurait pu être plus fort encore si le produit viande n'avait pas baissé, et si le coût alimentaire n'avait pas augmenté. Ce dernier s'est fortement accru en 2008.
« Cette hausse est plus due à la hausse du coût des concentrés qu'à une distribution plus importante de concentrés », précise Michel Deraedt, ingénieur BTPL. Pour 2009, les résultats Ecolait ne sont pas encore sortis, mais Michel Deraedt donne la tendance pour les marges brutes. « Le produit lait devrait être proche de celui de 2007. Par contre, le produit viande sera moins bon qu'en 2008 et 2007. Enfin, le coût alimentaire devrait être proche de celui de 2008. De octobre 2008 à septembre 2009, on observe une hausse par rapport à la même période un an avant. Comme le prix des concentrés baisse depuis la mi-2009, le coût de concentré 2009 devrait approcher celui de 2008. »

La maîtrise du sanitaire paye

À partir des résultats Ecolait de plus de 800 exploitations conventionnelles, le BTPL a tenté de répondre à la question « Comment font ceux qui créent le meilleur revenu ? » Malgré des différences entre régions sur le prix du lait, et des conditions pédoclimatiques, d'altitude et d'ambiance laitière qui jouent sur les niveaux de charges, toutes les régions ont des exploitations qui dégagent des bons résultats, et des moins bons. De même, il n'y a pas de lien entre le revenu et la productivité à l'animal, le revenu et la taille de l'atelier, le revenu et la production par UMO.

Le volume par UMO ne fait pas tout

Ainsi, c'est avant tout la cohérence du système qui conditionne un bon résultat sur l'atelier lait. « Les meilleurs parviennent à combiner une stratégie « volume » et une stratégie « maximisation de la valeur ajoutée ». Ils sont 23 % de l'échantillon étudié à y parvenir », indique Michel Deraedt. Les deux stratégies peuvent être antagonistes. Pour faire beaucoup de lait par unité de main-d'oeuvre, il faut investir dans l'équipement, voire le bâtiment pour le rendre plus fonctionnel, ce qui fait gonfler les charges de structure et l'endettement. On peut aussi être tenté par une forte productivité par animal, qui peut être coûteuse si elle n'est pas en cohérence avec le potentiel des terres et des animaux.
La stratégie valeur ajoutée repose sur « une recherche de l'efficacité maximum de chaque litre de lait produit, un raisonnement sévère des investissements ». Des exploitations vont aussi chercher à maximiser le produit viande ou à valoriser la génétique.
Michel Deraedt a rappelé les fondamentaux, comme la maîtrise des butyriques, leucocytes, mammites, du sanitaire et des pertes de veaux et vaches. « Les différences de prix du lait entre exploitations sont davantage liées à la plus ou moins bonne maîtrise de la qualité du lait (leucocyte, germes) qu'aux taux, et aux différences de prix de base entre régions. »
Enfin, le BTPL a insisté sur l'importance de gérer sa trésorerie. « Cela devient un acte de production aussi essentiel que la traite ou l'alimentation des vaches. »



 

 

(1) Bureau technique de promotion laitière.

Source Réussir Lait Elevage Décembre 2009

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