Gestion des exploitations : Calculez votre coût de renouvellement pour mieux le réduire

Emeline Bignon

L'optimisation de ce poste peut permettre d'économiser jusqu'à 40 euros pour 1 000 litres. Mais avant d'agir, le calcul du coût de renouvellement s'impose.

Economiser sur les charges est dans l'air du temps. Mais on a tendance à penser plutôt au coût alimentaire ou aux charges de mécanisation qu'au renouvellement du troupeau. Ce poste est souvent négligé. Pourtant, il figure juste après le coût alimentaire au niveau des charges opérationnelles et représente près de 10 % du coût de production total. De plus, « des écarts importants entre exploitations laissent penser qu'il y a des marges de manoeuvre non négligeables », analyse Bernard Le Lan, du pôle herbivore des chambres d'agriculture de Bretagne.
D'après les données recueillies par Cogedis auprès de 1200 exploitations laitières du Grand Ouest, le coût de renouvellement moyen s'élève à 21 €/1000 litres sur la campagne 2008-2009. Avec des extrêmes qui varient de moins de 10 €/1000 litres à plus de 50 €/1000 l. Le suivi des exploitations des réseaux d'élevage en Bretagne confirme un écart de plus de 40 €/1000 l entre le quart le plus élevé et le quart le plus faible, soit 10 000 € pour une exploitation livrant 250 000 litres ! « Cela mérite que l'on s'y intéresse de plus près. D'autant que ces écarts de coût de renouvellement entre éleveurs « économes » et « dépensiers » expliquent près de 25 % des écarts observés sur le coût de production total de l'atelier lait. »

Une notion simple à comprendre mais plus difficile à calculer

Avant de chercher à améliorer le coût de renouvellement, encore faut-il le calculer. Tous les centres de gestion ne le font pas ressortir en tant que tel. Le coût de renouvellement est la différence entre le coût de production des génisses et la valorisation des vaches de réforme. Ce coût est ensuite ramené au litrage de lait livré annuellement. « La principale difficulté réside dans la répartition des charges attribuées aux élèves, notamment les charges de structure ainsi que celles liées aux fourrages, souligne Bernard Le Lan. En général, les charges liées aux concentrés se trouvent déjà ventilées dans la comptabilité selon les indications des éleveurs. Par contre, c'est rarement le cas pour les fourrages. Du coup, nous avons choisi une clé d'affectation des charges en considérant que 1 UGB génisse représente 0,8 UGB vache. » Ce ratio se base sur l'équivalence calculée en termes de consommation de fourrage. Cette clé de ventilation s'applique également aux charges de structure, frais d'élevage, etc.

 

Une analyse plus fine avec une ventilation poste par poste

« Si cette méthode d'affectation permet de comparer les élevages les uns avec les autres, elle peut se révéler plus discutable à l'échelle individuelle, nuance le conseiller. Rien ne remplace une étude personnalisée pour affiner l'analyse dans une exploitation, en tenant compte des spécificités liées à l'élevage des génisses. » Mais quelle que soit la clé de répartition retenue pour les différents postes, l'affectation des charges reviendra immanquablement soit aux génisses, soit aux laitières.

Source Réussir Lait Mai 2010

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