Gestion technico-économique : La marge nette du lait en forte hausse

Bernard Griffoul

La marge nette des éleveurs suivis par Lactoplan a fortement augmenté depuis un an. Les plus gros écarts de résultats s'expliquent par le coût du renouvellement et les charges fixes.

Nul besoin de faire un dessin : chacun sait combien les charges de production (aliments du
bétail, engrais, carburants…) se sont renchéries en l'espace d'un an.
Pourtant, soutient Erik Sulmont, responsable du service ruminants à la société Inzo (firme
services en nutrition animale de l'union Invivo), la marge nette de la production laitière est «
en forte augmentation ». La hausse du prix du lait a plus que compensé la flambée des
charges. Des propos étayés par les résultats de 450 éleveurs suivis au niveau national par
la méthode Lactoplan (gestion technico-économique) qu'Inzo utilise depuis plus de trente
ans. Pour le groupe des Pyrénées-Atlantiques (vingt éleveurs suivis par Luralia, la filiale
aliment du groupe Lur Berri), la marge nette a progressé de 52 à 89 euros pour mille litres
de lait entre mars 2007 et mars 2008. Et de conclure qu'il est « toujours intéressant de
distribuer du concentré ». Le niveau de production permis par la ration de base
« est stable depuis longtemps, en moyenne autour de 4500 litres. »





Lorsque les charges de structure sont élevées, il est indispensable de produire le maximum de lait pour réduire leur poids sur le coût de production. (B. Griffoul)

Lorsque les charges de structure sont élevées, il est indispensable de produire le maximum de lait pour réduire leur poids sur le coût de production. (B. Griffoul)

Âge au premier vêlage

Pour Erik Sulmont, « aujourd'hui, gratter sur les charges variables en moyenne, c'est limiter
l'expression du produit ». Surtout lorsqu'on sait que la France est un des pays qui maîtrise
le mieux les charges variables. Par contre, il pointe du doigt des marges de progrès. À
commencer par le coût du renouvellement. Entre le quart supérieur et le quart inférieur des
450 éleveurs suivis au niveau national (moyenne économique de 8155 litres), la différence
de marge nette est de 109 euros pour mille litres. Le coût du renouvellement explique 31 %
de cette différence. Dans le groupe des Pyrénées-Atlantiques, l'âge au premier vêlage est
de 31 mois, et ce n'est pas forcément beaucoup mieux ailleurs. « Il faut vraiment revoir l'âge
au premier vêlage car ça coûte trop cher. L'animal a autant de temps improductif que de
temps productif ». Il invite également les éleveurs « à faire durer les animaux » pour « diluer
» leur coût de production (2200 euros par génisse dans ce même groupe) et donne « un
objectif de renouvellement raisonnable de 20 à 25 % ».

Diluer les charges fixes

Le responsable ruminants d'Inzo attire aussi l'attention sur les charges fixes. Sur les 109
euros d'écart de marge nette entre le groupe de tête et le groupe de queue, les charges
fixes expliquent 72 % de la différence, les charges variables 22 % et les produits seulement
7 %. Ramenées aux mille litres de lait, les charges variables des vaches évoluent peu selon
la moyenne économique (autour de 100 €) : « Désintensifier ne fait pas baisser les charges,
ramenées à l'unité qui vous est payée ; produire plus de lait ne les fait pas augmenter »,
affirme Erik Sulmont. Par contre les charges fixes aux mille litres baissent quand la
production augmente (176 € à 6000 litres, 77 € à 10 000 litres). « À partir du moment où on
a des charges fixes importantes, de façon volontaire ou nécessaire, la seule façon d'obtenir
un revenu, c'est de dégager le maximum de produit pour les diluer, c'est-à-dire intensifier au
maximum en optimisant les moyens de production. »

Source Réussir Lait Elevage Septembre 2008

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