Hacher le foin pour l'économiser !

Sandra Roupnel - Réussir Lait Juillet-Août 2012

Hacher le foin  pour l'économiser !
Réduire la taille des particules alimentaires de fourrage améliore leur digestibilité. © F. d'Alteroche

Les fourrages à brins longs, s'ils favorisent la rumination, présentent un moindre niveau de digestibilité.

Le professeur Francis Fluharty, enseignant chercheur à l'université de l'Ohio, propose de diminuer la taille des brins pour une meilleure efficacité alimentaire.  « Réduire la taille des particules alimentaires de fourrage améliore leur digestibilité, avec à la clé des économies sur les quantités d'aliment à distribuer. Il apparaît donc peu intéressant d'apporter du foin à longs brins ou de faire pâturer de l'herbe mâture », a déclaré le professeur Fluharty, lors de la journée organisée par Zootech(1) sur la digestibilité de la fibre chez la vache laitière, le 7 juin à Paris. Pour réduire les fibres longues, les animaux vont utiliser un supplément d'énergie pour la rumination. Les particules alimentaires passeront ensuite plus de temps dans le rumen et le bonnet avant d'avoir été suffisamment réduites pour en sortir. Les longues particules sont aussi responsables d'une augmentation du volume des organes liés à la digestion (rumen, caillette, bonnet et intestins) dont les besoins d'entretien augmentent en proportion.

Pour les vaches, mais aussi pour les génisses

« Nous constatons que les bovins au pâturage choisissent en priorité le fourrage à brin court lorsque celui ci est disponible. » Mais qu'en est il alors du risque d'acidose ? « En réduisant la taille des particules de fourrage, l'idée est d'en améliorer la digestibilité et de réduire le niveau d'apport des concentrés. Le fractionnement des repas est aussi très important pour se protéger du risque d'acidose », souligne Francis Fluharty.
Chez les ruminants, la digestion des fibres de fourrage reste globalement assez peu efficace. 20 à 70 % de la cellulose peut ne pas être digérée. L'action des bactéries du rumen, responsables de cette digestion, est directement liée à l'accessibilité de la cellulose dans le rumen. Les champignons présents dans le milieu ruminal contribuent, en cassant la liaison lignine hémicellulose, à augmenter la surface de contact sur les particules alimentaires. Plus la taille des particules est réduite, mieux travaillent les bactéries. La société Zootech commercialise un prébiotique (Amaferm®) favorisant la croissance des champignons.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires