Impact environnemental : Le tourteau de soja, plus « écolo » que le colza

Emeline Bignon

« Les matières premières ont une part prépondérante dans l'empreinte carbone des aliments du bétail, a souligné Mireille Huard, responsable formulation pour la firme-service CCPA lors d'une récente session ruminants sur le thème du développement durable. D'après des données suédoises, elles représentent 92 % du CO2 émis par kilo d'aliment vache laitière, contre 5 % pour le transport et 3 % pour la fabrication en usine. » Rappelons que l'empreinte carbone vise à quantifier l'impact sur le réchauffement climatique d'un produit en identifiant l'ensemble des gaz à effet de serre qu'il génère. Six gaz principaux sont à l'origine du réchauffement climatique et sont traduits dans l'empreinte carbone par leur équivalent en tonnes de CO2.

Peu de données actualisées

« Pour intégrer l'impact environnemental des aliments en formulation, il faut s'appuyer sur des critères pertinents et chiffrables pour l'ensemble des matières premières. Aujourd'hui, il n'existe pas de base de données actualisée et commune à la profession au niveau français ou international, déplore Mireille Huard. Par ailleurs, il faut connaître précisément ce qu'il y a derrière les chiffres. » La prudence est de mise car les valeurs peuvent considérablement varier selon l'origine des matières premières et le mode de production.
Si l'on prend l'exemple d'un correcteur azoté pour vache laitière formulé en tenant compte d'une réduction de 20 % des émissions de CO2, qu'est-ce que cela donne ? « Sa composition est modifiée au profit du tourteau de soja et au détriment du tourteau de colza, et son prix progresse de 18 euros par tonne. Une matière première éloignée géographiquement n'émet pas forcément plus de CO2, commente la spécialiste. En effet, une fois ramené au kilo, le transport maritime contribue très peu au bilan carbone. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le soja est une légumineuse, comme la luzerne, et qu'il nécessite moins d'engrais que la culture de colza. Et qui dit moins d'intrants, dit moins d'énergie fossile utilisée et meilleur bilan carbone », conclut Olivier Lapierre du Céréopa.

Source Réussir Lait Elevage Mai 2009

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