Journées nationales des GTV : La transmission transplacentaire du sérotype 8 n'est pas rare

Annick Conté

Le virus du sérotype 8 de la FCO est responsable de troubles de la reproduction. C'est ce
qu'a affirmé Étienne Thiry, de l'université de Liège, lors des Journées nationales des
GTV(1). Selon lui, « aucun doute ne subsiste quant à l'association entre cette infection
virale et divers troubles tels qu'une infertilité ou une diminution de la fertilité chez les mâles,
une augmentation de l'intervalle entre vêlages et un faible taux de réussite en première IA ».
Une étude réalisée en Belgique cet hiver montre que la transmission du virus de la mère
vers le foetus, via le placenta, ne semble pas du tout exceptionnelle avec le sérotype 8
contrairement aux autres sérotypes étudiés. « Sur 69 foetus analysés, 40 % se sont
révélés viropositifs ; c'est un rapport extrêmement élevé, a-t-il souligné. Dans une autre
étude portant sur des veaux nouveaux-nés, 10 % se sont avérés séro- ou viropositifs. » Le
risque d'infection par transfert d'embryon est, en revanche, jugé négligeable.





Étienne Thiry, de l'université de Liège. « Au niveau collectif, la vaccination contribue à une immunité de troupeau importante, qui permet de contrôler l'infection. » (A. Conté)

Étienne Thiry, de l'université de Liège. « Au niveau collectif, la vaccination contribue à une immunité de troupeau importante, qui permet de contrôler l'infection. » (A. Conté)

Uniquement des vaccins tués

En 2006, le taux de morbidité en bovins était de 6,8 % et le taux de mortalité 0,3 %. On a
encore peu de données pour 2007, mais des études récentes indiquent que ces taux
étaient plus élevés. La chute de la production laitière survient en phase aïgue de la maladie.
La convalescence dure de quatre à huit semaines chez un bovin. L'état général de l'animal
influence la gravité de la FCO : l'état nutritionnel, l'état immunitaire et la présence de stress
environnementaux (température élevée, exposition aux rayons ultraviolets, pluviosité
élevée…). Les avortements semblent être une conséquence exceptionnelle de l'infection ;
les anomalies congénitales sont plus fréquentes.

Pour ce qui est de la vaccination, « le choix s'est porté sur les vaccins inactivés pour des
raisons de sécurité d'emploi ». Ces vaccins n'induisent que des réactions secondaires
locales (tuméfaction) dépendant de l'adjuvant utilisé. Contrairement aux vaccins vivants
atténués qui, bien qu'efficaces, présentent des réactions secondaires néfastes (fièvre,
oedèmes faciaux, avortements, diminution de la production)(2). « Les vaccins inactivés
commercialisés ont été testés par rapport aux signes cliniques (oedèmes, hémorragie,
perte de production…) et à la virémie. Mais dans le cadre de l'ATU — et c'est normal — ils
n'ont pas encore été testés pour la protection de l'infection placentaire et foetale, ni pour la
protection envers la réduction de la fertilité, a-t-il précisé. On peut supposer qu'ils ont un
effet. »
L'origine du sérotype 8 reste encore inconnue. On ne sait pas pourquoi le sérotype 8
présente une virulence exacerbée par rapport aux autres sérotypes. « Le contrôle de
l'infection passera par une triple action, a conclu Étienne Thiry. La restriction des
transports, la vaccination, et le contrôle des culicoïdes. »



(1) Le congrès de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires s'est tenu à
Nantes, du 28 au 30 mai 2008.
(2) Observés notamment en Corse avec un vaccin vivant du sérotype 1.


Source Réussir Lait Elevage Juillet-Août 2008

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