L’Association des Producteurs de Lait Breton Lactalis dit stop

Jean-Philippe Arnaud

Réunis devant le site de l’usine Lactalis à Bouvron, les producteurs ont fait part de leur mécontentement dans le calme mais reviendront avec d’autres intentions si nécessaire.
Réunis devant le site de l’usine Lactalis à Bouvron, les producteurs ont fait part de leur mécontentement dans le calme mais reviendront avec d’autres intentions si nécessaire.

Dernière sommation avant durcissement du mouvement : c’est ce que les éleveurs ont souhaité passé comme message, à l’appel de leur organisation de producteurs qu’est l’Association des Producteurs de Lait Breton Lactalis (APLBL), en se rendant devant les différents sites de production de l’industriel, et notamment à Bouvron.

Que ce soit à Châteaulin, à Retiers, à Pontivy ou encore à Bouvron, les producteurs livrant à Lactalis ont souhaité manifester directement leur mécontentement à l’industriel, à l’appel de l’APLBL. Devant l’usine de Bouvron, ils ont échangé dans le calme avec le directeur de l’usine, le responsable de la collecte et un technicien.
« Voilà deux ans maintenant que les producteurs s’organisent au travers de l’Association des Producteurs de Lait Bretons Lactalis, aujourd’hui Organisation de Producteurs reconnue, pour préparer l’après-quota », rappelle Michel Bizeul, administrateur de l’association et représentant la Loire-Atlantique. « Malgré ces efforts, les discussions avec l’entreprise demeurent compliquées et les décisions restent prises unilatéralement par Lactalis ».
En effet, pour les mois d’avril et de mai, Lactalis a annoncé un prix au groupe Bridel qui, s’il est une organisation historique, n’est pas pour autant reconnu comme organisation de producteurs : l’association des producteurs Bridel en est seulement au stade du montage du dossier. « Lactalis annonçait récemment vouloir négocier uniquement avec les OP reconnues mais ne le fait pas avec l’APLBL », renchérit Michel Bizeul. « Les producteurs disent stop ! Nous revendiquons de pouvoir négocier avec l’entreprise et de ne plus nous faire imposer toutes les décisions nous concernant ».

L’issue serait dans un premier temps de signer la convention de fonctionnement, un document qui régit les rapports entre l'industriel et l’OP, ce qui semble désormais imminent.
Le prix est évidemment un point de discorde. « On apprend que Lactalis veut payer le lait 286 € au mois d’avril et de mai alors qu’il en faut 315 € pour absorber la hausse des char-ges », explique Nicolas Sébilo, également administrateur de l’APLBL. « 2013 se présente sur les mêmes indicateurs que 2008 où la moyenne du prix du lait sur l’année était de 340 €. Pour atteindre ce même montant cette année et compte tenu des prix du premier semestre, il nous faudra donc un prix de 365 € en moyenne en fin d’année. Si la situation n’évolue pas favorablement, nous reviendrons devant Lactalis mais avec d’autres intentions cette fois-ci », prévient-il.
Michel Bizeul tient par ailleurs à rappeler que « le nombre d’adhérents à l’APLBL est important, que ce soit en nombre d’individus ou en volume ». Il faut donc « continuer dans cette voie pour augmenter le pouvoir de négociation grâce à la massification : c’est ce qui renforcera les OP face aux industriels ». L’APLBL défend ainsi un rapport de force gagnant-gagnant : « si Lactalis gagne de l’argent, on peut prétendre à en gagner aussi », fait remarquer Michel Bizeul. Un objectif vraisemblablement partagé par l’industriel puisque l’un de ses responsables présents lors de l’échange acquiesce. Pour autant, les éleveurs restent mobilisés et attendent l’issue des discussions en cours.

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