L’autonomie alimentaire, un atout en période de hausse

Costie Pruilh - Réussir Lait Mai 2012

L’autonomie alimentaire,   un atout en période de hausse

L’analyse des données de l’IFCN(1) montre une convergence du feed ratio dans le monde sur les cinq dernières années, dans un contexte de renchérissement des matières premières.

« On observe une convergence des prix du lait dans le monde et une certaine convergence des coûts de production, notamment des coûts alimentaires. Pour les fermes françaises ou allemandes, le prix de revient du lait est relativement maîtrisé, a peu évolué en dix ans, car les systèmes sont relativement autonomes pour l’alimentation. Là où les systèmes sont plus dépendants d’aliments achetés ou de fertilisants, les coûts de production augmentent », décrit Jean-Luc Reuillon, de l’Institut de l’élevage, et expert pour le réseau IFCN(1).
On observe aussi une convergence du feed ratio (rapport entre le prix du lait et le prix des concentrés). Le feed ratio peut se traduire par « la quantité de concentré que peut acheter 1 kg de lait ». « Etant donné la production supplémentaire que permet 1 kg de concentré sur des vaches d’un bon niveau, on considère qu’avec un feed ratio en dessous de 1,4, la rentabilité du concentré est nulle », estime l’économiste.

Être très attentif à l’efficacité des aliments

« En Nouvelle Zélande, pendant longtemps le feed ratio était de 1. Avec un prix du lait plus élevé, et des vaches qui répondent bien au concentré, ils commencent à en utiliser. Aux USA, on comprend pourquoi le modèle californien était gagnant à une époque et s’est répandu. Mais si l’énergie et les matières premières restent durablement à des niveaux élevés, ces systèmes très dépendants d’aliments extérieurs pourraient bien être condamnés. »
L’autonomie alimentaire est donc un élément clé pour la solidité des systèmes, dans un contexte d’énergie et de matières premières chères. « La France est bien placée sur ce critère (en moyenne 1 ha/vache). Autre atout de la France : son potentiel d’autonomie alimentaire, c’est-à-dire son foncier relativement disponible et peu onéreux au regard d’autres pays. Et enfin, une bonne efficacité alimentaire (rendement laitier moyen des quatre cas-types français de 8 000 l/VL/an, pour 200 g concentré/l). »
À partir des données de l’IFCN, Jean-Luc Reuillon a également présenté huit cas types pour montrer comment ils rémunèrent le travail, le capital et le foncier en propriété, avec ce qui reste, une fois que l’on retire du produit total (prix du lait, aides, prix du coproduit viande) les charges courantes et les amortissements. Nous reviendrons sur cette analyse dans un prochain numéro.
(1) Réseau international d’experts agricoles. Pour le secteur laitier, une cinquantaine de pays participent. La méthode de calcul des coûts de production est harmonisée entre les pays. La base de données compte 156 cas-types d’exploitations laitières et leurs données technico-économiques. Il y a quatre cas-types français.

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