« La filière laitière française en grande difficulté », d’après les industriels

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« La filière laitière française en grande difficulté », d’après les industriels
Les prix du gouda et de l’edam allemand se sont effondrés de 18% en 2015 (DR)

Les industriels laitiers tirent la sonnette d’alarme et estiment que depuis début 2015, la situation laitière se dégrade au plan mondial et national. Ils craignent que la remise en cause, par certains distributeurs, des accords commerciaux conclus pour 2015, n'aggrave cette situation.

« Une production laitière en forte hausse en 2014, en particulier en Europe, + 6,5 milliards de litres par rapport à 2013, a précipité les marchés laitiers dans une grave surproduction au niveau mondial, dont les effets se font pleinement sentir depuis deux mois » estiment la fédération national des industriels laitiers (FNIL) dans un communiqué.

Accélération de la production laitière

La collecte laitière européenne, qui baissait de 1,9% en mars, est en effet repartie à la hausse avec +0,8% en avril et une nouvelle augmentation en mai. Par rapport à une année 2014 déjà record, de nombreux pays enregistrent de fortes hausses de collecte en avril : + 14,5% en Irlande, + 1,6% au Royaume Uni, + 1,2% aux Pays-Bas, + 4,1% en Pologne.

Parallèlement, la consommation européenne de produits laitiers est atone et ne permet pas d’écouler ces volumes de lait supplémentaires. La Chine, premier importateur mondial de produits laitiers, diminue également  ses volumes d’achats en 2015 : - 53% pour les poudres grasses, - 33% pour la poudre de lait écrémé, - 44% pour le beurre et butteroil, d’après les chiffres de la FNIL.

Les exportations européennes de fromages sont quant à elles, touchées par l’embargo russe qui se traduit par la perte d’un débouché pour 20.000 tonnes de fromages par mois, et une baisse des exportations européennes de fromages de 12% sur les quatre premiers mois de 2015.

Effondrement des cours des produits industriels

Cette dégradation de l’équilibre laitier européen et mondial a pour conséquence un effondrement des cours des produits laitiers par rapport à 2014 : - 18% pour le gouda et l’edam allemand, - 37% pour la poudre de lait écrémé, - 22% pour la poudre de lait entier, - 13% pour le beurre cube, - 18% pour la poudre de lactosérum.

« La filière laitière française dépend des marchés internationaux pour plus de 50% de ses débouchés et subit de plein fouet la chute de ces cotations. Ses exportations de produits laitiers chutent de 9,4% en valeur au 1er trimestre 2015 », expliquent  les industriels du lait. Parallèlement, les importations de lait de consommation et d’emmental augmentent respectivement de 50% et 21% en volumes au 1er trimestre 2015.

De graves problèmes de trésorerie

Selon la FNIL, cette situation se traduit, pour les producteurs laitiers français, par de graves problèmes de trésorerie que « la mise en place de la réforme de la PAC risque d’aggraver plutôt que de résorber ».

Dans ce contexte, la fédération estime que la remise en cause, par certains distributeurs, des accords commerciaux conclus pour 2015, serait de nature à créer une situation totalement insupportable.

« Si la distribution a, comme elle le prétend, conscience des difficultés de la filière, alors elle doit, a minima, respecter les accords conclus. L’industrie  laitière ne pourra en aucun cas supporter, sans conséquences graves sur l’ensemble de la filière, l’effondrement du marché mondial des produits laitiers  et une dépression du marché domestique des produits de grande consommation », prévient Olivier Picot, Président de la Fédération Nationale des Industries Laitières. « Il est encore temps d’éviter le pire. Mais pour cela, il faut que tous respectent les contrats conclus », ajoute-t-il.

 

Source FNIL

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Commentaires 1

totok

1er semestre a 300eur, le 2eme a 30cts le litre, avec le sourire svp
la reponse de l etat: pcae investissez, normes 4 a 6 mois stockage, 100m des tiers, penibilite, simplification avec nouveĺle pac, baisse des charges msa et sur salaire pour embaucher:on peut tjrs rever. La preuve on nous controle des fois qu on embaucherais des roumains .la solution, le rsa= prix de l audace et risque mesuré
le positif, on peut produire autant qu on veut; faut foncer tete baisser, et puis faut bien rentabiliser tooute les tours de sechage!

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