La Normande peine à freiner l’érosion de ses effectifs

Franck Mechekour - Réussir Lait Mars 2013

La Normande peine à freiner l’érosion de ses effectifs
La mise en place d’une filière génisses structurée est l’une des pistes privilégiées par l’OS Normande pour regagner des parts de marché. © S. Roupnel

Combien de temps faudra-t-il pour inverser la vapeur ? La question reste ouverte. Pour y parvenir au plus vite, l’organisme de sélection Normande entend lancer plusieurs « chantiers ».

Simunor évolue en 2013

Le logiciel Simunor permet de simuler l’impact économique d’un changement de proportion de Normande dans un troupeau mixte (Normande et Prim’Holstein). « Une nouvelle version est en cours d’évolution avec l’appui des chambres d’agriculture et de Cerfrance », précise Céline Lemignier. Ces évolutions permettront de prendre en compte les projets futurs de l’exploitation (agrandissement…). « Un module complémentaire sera dédié aux élevages en AOP fromages et en filière FQRN (filière viande développée avec Carrefour). » Le logiciel devrait aussi valoriser l’écart de fertilité entre la Normande et la Prim’Holstein.
 

Près de 79 000 vaches laitières étaient inscrites à l’organisme de sélection de la race Normande en 2012 contre 82 100 en 2011 (-4 %). Cela représente un taux de pénétration d’environ 37 % par rapport au total des femelles normandes contrôlées en 2011(1). Derrière une relative stabilité par rapport à la situation de 2011, se cache en réalité « une très forte disparité selon les régions », a souligné Albéric Valais, le directeur de l’OS Normande, le 17 janvier à l’occasion de l’assemblée générale de l’OS.
Le taux de pénétration baisse de manière importante en Bretagne (-7 %), Poitou-Charentes (-16 %) et dans le Sud-Ouest (-7 %), « alors que le nombre de vaches contrôlées sur ces régions n’a pas diminué ». La baisse est également marquée en Haute-Normandie (-6 %). « En Pays de la Loire, les effectifs résistent plutôt bien, sauf pour le Maine-et-Loire qui perd 13 %. » La situation est plutôt stable (-1 %) en Basse Normandie. Aucune raison clairement identifiée n’a été avancée pour expliquer cette érosion.

Baisse de 3 % des inséminations premières

La Normande perd également des parts de marché en termes d’effectif de vaches contrôlés au sein du Top 3 des races laitières. « Depuis 2006, la Normande a perdu 0,5 % de part de marché (de 10,6 à 10,1 %). » C’est moins que la Prim’Holstein (72, 3 % soit - 1,4 %). Mais sur la même période, la Montbéliarde a gagné 2 % (de 15,6 à 17,6 %).
Concernant les inséminations, la tendance est la même avec une baisse de près de 3 % du nombre d’IAP entre 2011 (317 780 IAP) et 2010 (327 090 IAP). La baisse d’activité touche plutôt la Bretagne et les Pays de la Loire.
Du côté des bonnes nouvelles, l’OS Normande annonce que la race « est de plus en plus performante en lait sans perdre ses qualités de taux et de conformation ».
Par ailleurs, les résultats de 500 études Simunor (voir encadré) réalisés majoritairement dans des élevages de Normandie depuis 2010, se sont révélés dans la grande majorité des cas favorables à un renforcement de la normandisation dans ces troupeaux. Les rares baisses d’EBE liées à une augmentation de la proportion de Normandes ont été constatées principalement « dans les exploitations ayant des marges cultures élevées, voire très élevées depuis deux ans (supérieures à 700 €/ha) », a souligné Céline Lemignier.

Utiliser la Normande en tant que marque

Pour améliorer la situation de la race, l’OS Normande va lancer deux grands « chantiers ». Le premier consistera à mettre en place une filière génisses avec contractualisation et renforcement de l’utilisation de semences sexées pour fournir le marché.
Le deuxième levier concernera le développement des filières économiques. Pour la filière lait, l’OS appelle à rester vigilant sur l’une des grandes spécificités de la race, à savoir les taux. Du côté de la viande, il s’agira d’explorer le potentiel d’utilisation de la Normande en tant que marque mais aussi les caractéristiques de l’offre de viandes issues des élevages en AOP. Toutes les initiatives sont bonnes à prendre « si elles sont complémentaires avec celles déjà existantes (FQRN, La Normande à la table des chefs) », a expliqué Jacques Legendre, président de l’OS Normande. La race va aussi pouvoir s’appuyer sur le dynamisme des jeunes rassemblés au sein de l’association FAN (Futurs architectes de la Normande). Ces derniers ont participé au Show open 2012. Ils continuent sur leur lancée en organisant le Fan Show, un concours national de génisses normandes en juillet prochain à Mayenne.

(1) 213 700 en 2011 mais pas de chiffre publié pour 2012.

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