La taille n’atténue pas les écarts de résultats entre exploitations

Costie Pruilh - Réussir Lait Mars 2013

La taille n’atténue pas les écarts  de résultats entre exploitations
Alain Le Boulanger, Cerfrance. « Avec des annuités qui augmentent, l’EBE est condamné à progresser pour améliorer le solde disponible. » © G. Omnès

L’analyse des résultats du CERFRANCE Normandie Maine montre que grossir pour gagner plus passe par une amélioration de la productivité de la main-d’œuvre. Et que l’on peut gagner plus à optimiser son système.

« Les résultats de plus de 460 exploitations laitières de plus de 500 000 litres, sur la zone Normandie Maine (Haute et Basse Normandie et Sarthe Mayenne) ont été analysés sur la période 2007-2011. En moyenne, elles produisent 654 000 litres de lait avec 2,97 UTH sur 163 ha de SAU. « Entre la moyenne grands troupeaux et la moyenne des élevages toutes tailles confondues, les marges brutes aux mille litres sont légèrement moins bonnes chez les grands troupeaux, compensées par une meilleure productivité de la main-d’œuvre et une dilution des charges de structure, ce qui donne de meilleurs résultats par unité de main-d’œuvre », résume Alain Le Boulanger, directeur des études au Cerfrance Normandie Maine.

De très gros écarts d’EBE et de résultat disponible

Mais la taille est-elle un gage de meilleur résultat ? Entre les exploitations dégageant le meilleur revenu - le quart supérieur - et celles qui dégagent le plus faible revenu disponible par UTAF - le quart inférieur - il n’y a pas de différence significative en termes de surface, main-d’œuvre et volume de lait vendu. Par contre, les différences d’EBE et de résultat disponible sont très importantes.
« Comme pour les petites structures, l’efficacité économique se joue d’abord sur les charges opérationnelles, c’est-à-dire sur la compétence du ou des chefs d’exploitation. Avec l’agrandissement, les systèmes s’uniformisent(1), mais les écarts de rentabilité entre les meilleurs et les moins bons sont du même ordre (selon les années, environ 50 €/1 000 l entre le quart inférieur et le quart supérieur pour la marge brute) que dans les plus petites structures », résume Alain Le Boulanger.

Le poids important des annuités pèse sur la rentabilité

En moyenne, les annuités de ces grosses structures ont augmenté de 2007 à 2011, passant de 53 800 à 71 800 euros (106 à 119 €/1 000 l). « L’inertie financière augmente de 33 % en cinq ans pour une progression moyenne du quota de 20 %. L’EBE est donc condamné à progresser pour améliorer le solde disponible », souligne Alain Le Boulanger.
Pour le quart inférieur, les annuités consomment plus de la moitié de l’EBE, et même plus que l’EBE en 2009. Le revenu disponible est compris entre 31 400 et 56 900 €/UTAF pour le quart supérieur, et entre 0 et 21 100 € pour le quart inférieur. Conclusion : on peut être gros et ne pas gagner sa vie.

Capture d’écran 2013-04-02 à 12.00.08

(1) Intensification à la surface, avec une plus grande part de maïs et de céréales dans la SAU, intensification à l’animal, à la main-d’œuvre.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires