Le collectif, une carte à jouer pour les coopératives

Costie Pruilh - Réussir Lait Juin 2012

Le collectif, une carte à jouer  pour les coopératives
Prévoir et encadrer les volumes , dans l'optique de mettre en adéquation l'offre et la demande, dans un monde sans quota, tel est l'objectif. © S. Leitenberger

Lors de l’assemblée générale de la FNCL, deux tables rondes ont abordé la préparation de la fin des quotas et les enjeux qui y sont associés : le lien avec les associés, les capacités d’investissement, les partenariats.

« Pendant les quotas, les coopératives ont un peu oublié leur nature. Pour reprendre le dessus, elles doivent répondre aux attentes de leurs adhérents, faire partager leurs projets et s’engager dans de nouveaux challenges », a attaqué Dominique Chargé, président de la FNCL, pour démarrer l’assemblée générale de la Fédération nationale des coopératives laitières, qui a eu lieu le 18 avril dernier.
Redonner au coopérateur son rôle d’actionnaire et d’associé aux projets à long terme de sa coopérative a été un des moments forts, par exemple avec l’intervention de Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs. « Les adhérents ne doivent pas entendre que le directeur. Le président et tout son conseil d’administration doivent savoir faire entendre leur voix. Il est temps de nous occuper de nos jeunes, et de les former à l’exercice de la fonction d’administrateur ! »
Cet enjeu est intimement lié à la préparation de la fin des quotas qui est en cours dans les coopératives. « Le principal risque pour les coopératives, c’est une augmentation de l’offre de lait sans maîtrise, a rappelé Dominique Chargé. Nous réaffirmons néanmoins l’engagement de l’apport total, qui est un principe important pour la filière laitière française dans son ensemble. Les coopératives travaillent avec leurs adhérents pour monter leur propre système de prévision et d’encadrement des volumes, dans l’optique de mettre en adéquation l’offre avec la demande, dans un monde sans quota. » Au-delà de cette nécessaire maîtrise, les coopératives devront développer leurs activités, en volume et en valeur.

Négocier et investir collectivement

« Les coopératives françaises doivent participer à la conquête des marchés à l’international, car c’est là que se fait la croissance, insiste Christian Pees, président du groupe coopératif Euralis. Mais chaque coop ne pourra pas toujours le faire seule. Le frein, ce sont les capitaux propres ! Il faut nouer des alliances à travers des filiales, comme cela existe déjà. » Dominique Chargé ajoute : « Chaque coopérative a ses forces et ses faiblesses. Il faut jouer au maximum les synergies et la complémentarité entre les entreprises. La première étape est de structurer l’offre commerciale – regrouper les moyens commerciaux – pour aller à l’export, mais aussi pour négocier avec la distribution. »
La question du financement des nouveaux projets a été largement abordée. « Comment palier la faiblesse des fonds propres ? Jusqu’à présent, ils sont constitués des investissements des adhérents. Il y a aujourd’hui de forts besoins d’investissements qui se chiffrent en dizaines, voire en centaines de millions d’euros. Il faut trouver plus de capacités de financement, souligne Yves Pelle, associé PWC, responsable national coopératives agricoles. La filialisation clarifie les activités, risques et objectifs. Cette clarification permet d’intéresser plus facilement des investisseurs. Il faudra toutefois faire attention à garder le contrôle, car un investisseur n’a pas les mêmes objectifs qu’une coopérative ! »

La question des capitaux propres des coopératives

« La FNCL travaille sur les solutions pour impliquer plus fortement les producteurs dans leur coop, par un investissement direct dans des projets précis de leur coopérative », indique Damien Lacombe, membre du bureau de la coopérative Sodiaal.
Maryline Filippi, de l’Enita de Bordeaux, cite une autre piste : « Créer une autre forme d’investissement des adhérents que la souscription au capital social. Par exemple, la prise de participation au capital d’une holding, qui contrôle les activités de la coopérative. Ainsi, on peut distinguer l’apport de l’agriculteur en tant que sociétaire et son apport en tant qu’investisseur. »

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Commentaires 1

gatine 79

Le marché mondial oulala,ca fait rèver nos coop.Si c'est pour vendre des produits industriel avec peut de valeur ajoutée dont beaucoup de coop ne savent' pas quoi faire,en tant que producteur je ne voit pas ce qui va motiver les gens à s'investir dans cette production et encore moins des jeunes.Produisons selon nos besoins à des prix décents.

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