Le lait bio : la consommation a le vent en poupe

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Le lait bio : la consommation a le vent en poupe

Les consommateurs plébiscitent les produits bios, les producteurs laitiers répondent à cette demande qui leur permet de se déconnecter du marché laitier conventionnel de plus en plus exposé.

Être à l’écoute du consommateur et maintenir la confiance

Biolait premier collecteur de lait bio (SAS de producteurs, 170 millions de litres) dispose d’administrateurs au sein de biocoop (400 magasins). Ainsi, à l’écoute des consommateurs, les producteurs de Biolait viennent de renforcer leur cahier des charges. Ils ont décidé d’alimenter les vaches avec des matières premières uniquement d’origine française.

La crise du lait conventionnel est venue accélérer la décision de conversion

L’attrait pour les produits issus de l’agriculture biologique traduit une demande sociétale pour une alimentation orientée santé, protection des ressources et de l’environnement. Il est à noter que les jeunes participent à cette mouvance. L’ensemble des produits laitiers bio voit son marché progresser quand la filière laitière conventionnelle recule sur tous les segments. En 2015, le marché des produits laitiers bio a représenté 2,2% de la collecte de lait en France.

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Le lait bio : la consommation a le vent en poupe

Le nombre d’exploitations laitières en conversion bio connaît une vague de croissance

Face à cette demande croissante, les éleveurs laitiers sont de plus en plus nombreux à convertir leur exploitation en système bio. Ils sont 560 producteurs spécialisés en France à s’être engagés sur les 6 premiers mois de 2016. C’est le même constat dans la majeure partie des pays européens.

Pour ces nouveaux entrants, la crise en lait conventionnel est venue accélérer la décision de conversion. Cette dynamique de développement des exploitations laitières bio entraînera, après la période de conversion de deux ans, une forte augmentation des volumes. La collecte sur 2017-2018 devrait croître de 25% en France. La production atteindrait 800 millions de litres en 2019 contre 568 millions de litres en 2015.

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L’évolution des conversions en lait bio s’est faite par paliers : en 2001 avec les CTE, en 2010 dans un contexte de crise du lait, puis maintenant en 2016. Lors des deux premiers coups d’accélérateur, le marché n’a pas pu absorber toute de suite la hausse de collecte, se traduisant par un impact négatif sur le prix du lait bio. Sur la dernière période, deux années ont été nécessaires au marché (2012-2013) pour retrouver son équilibre.

Dans l’Union Européenne, c’est une évolution annuelle de plus de 7% qui est également attendue pour 2017 et 2018. L’Allemagne peine à satisfaire sa demande et la France n’est pas exposée aux importations compétitives pour l’heure. 

Un prix rémunérateur déconnecté du lait conventionnel

Le différentiel de prix antérieurement constaté de 100€ 1000 litres entre le lait bio et le conventionnel n’est plus la règle. Le lait bio quitte son statut de niche pour devenir un marché spécifique déconnecté du conventionnel. Les prix producteurs n’ont pas connu « les soubresauts » du lait conventionnel comme en témoigne le graphique ci-dessous. 

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Aujourd’hui, avec une filière qui est mieux structurée qu’en 2010, quelle perspective de prix du lait bio en 2018? Sera-t-on dans un contexte: • d’offre supérieure à la demande, qui oblige à dégager du lait bio dans le circuit conventionnel, et entraîne une baisse du prix moyen payé aux producteurs? • ou d’une consommation qui continue sa progression et absorbe l’augmentation de collecte? 

Le lait bio : la consommation a le vent en poupe

Les enjeux de la filière lait bio en plein développement

Pour les producteurs, réussir leur projet de conversion: • à chacun son système: visiter des exploitations avant d’engager une conversion, se faire une idée de ce qui est le plus adapté, puis construire son projet sur les plans technique et économique, • être engagé ou prêt à s’engager sur des systèmes de production visant l’autonomie fourragère et protéique, • être convaincu de l’intérêt du bio et être acteur dans la filière, • adhérer à la demande sociétale de durabilité et éviter de choisir le Bio pour le seul différentiel de prix avec le conventionnel.

Pour préserver la valeur ajoutée: • maintenir la recherche, l’innovation produit et le marketing de ce segment de marché, • surfer sur cette attente sociétale de consommation et y répondre via une communication et un cahier des charges instaurant la confiance du consommateur, • ajuster l’offre et la demande. Les collecteurs de lait bio montrent aujourd’hui des stratégies diverses entre l’encouragement à la conversion pour certains et le frein aux nouveaux engagements pour d’autres, • poursuivre la structuration de la filière et asseoir une gouvernance permettant le maintien de la valeur ajoutée et l’émulation de tous les acteurs. Quelles stratégies si la production de lait bio poursuit sa progression?

Source : veille  économique agricole  - décembre 2016 - Nathalie POUPART

Pour plus d'informations : dossier :  Veille économique agricole – n° 46 déc. 2016

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Commentaires 10

oseille eleveur

le bio il faut en parler, meme la lessive doit etre bio quand on voit l'interieur du tank à lait il faut avoir faim pour boir le lait de certaine ferme , le chauffeur est obligé de mettre des bottes pour acceder au tank,toutes les fermes ne sont pas pareilles dieu merci ,dans tout ça il y a vraiment à boire et à manger,ou sont les controle d'hygiene sans compter l'etat des animaux qui sont loin d'etre en surpoids,là pas de visites de la spa qui serait parfois necessaire ,voir des animaux agoniser pendant plusieurs jours avant de mourir ,je ne suis pas contre le bio mais au moins qu'il soit fait intelligeamment

biopartial

un agri bio c'est un opportuniste qui a compris qu'il y avait des subventions à se faire.
les nouveaux convertis c'est les plus charognards;
le consommateur vire au bio parce qu'on lui bourre le mou à longueur de pub et de slogan: le développement durable (un oxymore).
les enseignes ont bien compris qu'elle marge mieux avec le bio.
les "sans dent" vont mourir empoisonner et les bobos au pouvoir d'achat seront centenaire.
c'est quoi cette défiance à l'agriculture qui a permis les vacances, la bagnole, le portable...

ghjk

Vous ne sentez pas venir ce jour où quand il y aura eu assez de conversions bio et que le marché du bio sera saturé, ces produits seront redirigés vers le circuit conventionnel faisant baisser de fait le prix payé au producteur? Certains vont tomber de haut...

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

à bio bio: je souhaite de tout coeur que ton savoir et faire soit récompensé à sa juste valeur....

pg

j ais fais une journer de vente et les gens regarde le moin chère!!!!

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