Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2008 : Secteur laitier : retour à la baisse des cours des produits industriels

Office de l'Elevage

Après une année 2007 tout à fait exceptionnelle dans le secteur laitier, 2008 aura été caractérisée par la fin de l'envolée des prix avec le retour à la baisse des cours des produits industriels (beurre, poudres) sur le marché mondial.

De par une offre plus abondante et une demande relativement modérée, conséquence des niveaux de prix élevés en 2007, les cours mondiaux ont en effet diminué sur l'année 2008 mais ils sont, toutefois, restés au-dessus de leurs niveaux des années précédentes.

La reprise de l'offre mondiale en 2008 est liée au dynamisme de la production aux États-Unis, au bon démarrage de la campagne océanienne au printemps 2008 ainsi qu'à la réduction des taxes à l'exportation en Argentine. Depuis plusieurs années, la production ne cesse de progresser aux Etats-Unis. L'effet conjugué de la hausse de leur production (+ 2 % en 2008) et de la faiblesse de leur monnaie sur le 1er semestre de l'année les a conduit à fortement développer leurs exportations de produits laitiers sur le marché mondial. L'année 2008 a, en effet, été caractérisée par la poussée des exportations des Etats-Unis qui s'est réalisée au détriment des exportations océaniennes et européennes, en forte baisse, exception faite des ventes européennes de poudre grasse.

Sous-réalisation européenne

Au niveau de l'Union européenne à 27, la collecte corrigée de la campagne 2007/08 [1] s'est établie à 137 millions de tonnes, un niveau bien inférieur à la somme des quotas alloués à chaque État membre. La sous-réalisation de l'Union européenne à 27 à l'issue de la campagne 2007/08 a représenté 2,2 millions de tonnes, soit 1,6 % de la référence communautaire, contre 1,4 % à l'issue de la campagne 2006/07.

Cette hausse de la sous-réalisation européenne est liée à l'augmentation de la référence communautaire ajoutée à la baisse de la collecte dans certains États membres. La France, le Royaume-Uni et la Pologne, qui figurent parmi les principaux pays producteurs de l'Union européenne, ont affiché des niveaux très élevés de sous-réalisation. Seuls huit pays ont terminé la campagne en dépassement.

En raison du dynamisme des États-Unis sur le marché mondial, l'Union européenne a perdu des parts de marché au cours de l'année 2008. Ses exportations ont toutes reculé, sauf pour la poudre grasse. La baisse a été particulièrement importante pour le beurre ( 46 %).

Ce déficit d'exportations a entraîné le gonflement des stocks de beurre ainsi que l'effondrement des cours, conduisant ainsi la Commission européenne à ouvrir le stockage privé de beurre dès le 1er janvier 2009. Cette mesure intervient dans un contexte où la Commission souhaite pourtant limiter son intervention sur les marchés.


Déséquilibre de l'offre et de la demande sur le marché français

L'accord sur le bilan de santé de la PAC du 20 novembre 2008 permet de conserver les outils de stockage privé et d'intervention publique du beurre et de la poudre de lait écrémé. Par ailleurs, la fin des quotas laitiers à horizon 2015 a été entérinée par cet accord et la sortie progressive va se traduire par une augmentation des quotas nationaux de chaque État membre de 1 % par an pendant cinq ans à partir de la campagne 2009/10.

En France, l'assouplissement du système de gestion des quotas pour la fin de campagne 2007/08 (1er avril / 30 mars) et la hausse du prix du lait, (+ 36 % au 1er trimestre 2008), ont entraîné une très forte augmentation de la collecte au cours des premiers mois de l'année 2008. Les niveaux spectaculaires atteints au 1er trimestre et le maintien à des niveaux élevés les mois suivants ont entraîné un déséquilibre de l'offre et de la demande sur le marché français.

En effet, une large partie de cette hausse de production a été reportée vers la fabrication de produits de stockage (beurre, poudres) plus que vers les PGC dont la consommation est relativement stable d'une année sur l'autre. Les stocks de produits industriels ont ainsi fortement progressé entraînant une dégradation de leur valorisation avec des cours très bas sur la deuxième partie de l'année.

Baisse des achats des ménages de fromages et d'ultra-frais

Après la forte hausse des prix des PGC en fin d'année 2007, les prix de ces produits sont restés à des niveaux élevés, fragilisant ainsi les achats des ménages en produits laitiers en 2008. Ce sont particulièrement les achats de produits les plus élaborés (fromages, ultra-frais) qui ont été pénalisés par ces niveaux de prix alors que les achats de produits plus basiques se sont globalement maintenus.

En réaction aux difficultés liées à la saturation du marché français, à la baisse des achats des ménages de fromages et d'ultra-frais, à la diminution du prix du lait depuis le mois d'octobre et à des allocations provisoires modérées pour la campagne 2008/09, la collecte a nettement reculé à l'automne. Cette situation pourrait conduire à une sous-réalisation de plus d'1 million de tonnes à l'issue de la campagne en cours, c'est-à-dire au 30 mars 2009.

[1] Du 1er avril 2007 au 31 mars 2008

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