Le pré-verger normand, entre tradition et modernité

Lise Monteillet

Des vaches dans un verger, cela peut fonctionner, au prix de quelques aménagements. Sur la commune de Montreuil-en-Auge, Estelle Giard produit du lait et des pommes, avec ses parents, sur 125 hectares de prairies naturelles, dont 30 ha de prés-verger.

Chez la jeune agricultrice normande, les pommiers haute tige sont plantés avec un espacement d’une dizaine de mètres entre eux, sur des prairies naturelles. Associer l’élevage et l’arboriculture, c’est une tradition du pays d’Auge.

Les avantages sont nombreux : valoriser l’herbe du verger grâce aux vaches, réguler les insectes ravageurs de façon naturelle … « Toutes les pommes véreuses qui tombent en début de saison sont mangées par les vaches, ce qui permet de n’appliquer aucun traitement sur les vergers », détaille Estelle Giard.

Afin d’éviter que les vaches ou les ravageurs n’abiment les jeunes pommiers, ils sont protégés par des corsets métalliques, avec un poteau tuteur. La taille d’hiver est aussi importante, afin de donner une forme à l’arbre.

Entre 250 et 300 tonnes de pommes sont récoltées chaque année, soit environ 10 tonnes par hectare. Le rendement est donc beaucoup moins important qu’en verger basse tige. « On travaille sur un verger de tradition, ce sont des variétés ancestrales, que mon père et mes grands-parents utilisaient déjà », explique Estelle Giard. Ces pommes serviront à fabriquer essentiellement du calvados, mais aussi du cidre ou du pommeau.

Les productions laitière et fruitière sont complémentaires. « Avec la crise laitière qu’on a connue, c’est l’activité cidricole qui nous a permis de continuer à vivre », résume-t-elle. 

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