Le robot de traite poursuit son irrésistible progression

Michel Portier - Réussir Lait Septembre 2012

Le robot de traite poursuit  son irrésistible progression
Avec 2 800 élevages équipés en 2011, la traite robotisée se démocratise en France. © Lely

En équipant près d’une nouvelle installation sur deux, le robot de traite intéresse tout type d’éleveur. Malgré l’intensification de la concurrence, Lely et Delaval se partagent l’essentiel du marché.

Le robot à l’épreuve des AOC

Les régions de production de fromage AOC restent pour la plupart réfractaires au robot. Certaines contraintes de leur cahier des charges (deux traites par jour, intervalle entre deux traites, fabrication d’un lait non refroidi…) ne sont pas compatibles avec celui-ci. Les fervents défenseurs des AOC estiment également que la traite robotisée est en décalage avec l’image de terroir véhiculée par leur filière. L’attrait du robot semble pourtant faire évoluer les mentalités. « Plusieurs éleveurs en zone camembert, maroilles sont équipés de robot. Et plus récemment, sept ou huit élevages en zone reblochon ont été autorisés à s’équiper à
titre expérimental. Les premiers résultats semblent être plutôt satisfaisants en termes de qualité
du lait », illustre Hervé Celard.

Le nombre d’élevages équipés d’un robot de traite aurait triplé depuis 2007, selon une étude de l’Institut de l’élevage basée sur les adhérents au contrôle laitier. Fin 2011, 1 866 adhérents étaient équipés. Considérant que ces derniers représentent moins de 70 % des exploitations laitières françaises en 2011, l’Institut de l’élevage estime qu’environ 2 800 exploitations seraient équipées d’au moins un robot de traite. Sur l’échantillon analysé, 76 % des élevages disposent d’un seul automate, 23 % sont équipés de deux robots et 1 % en ont trois ou plus. À partir de cette répartition, l’Institut de l’élevage estime ainsi à 3 500 le nombre de robots utilisés sur le marché français. À titre de comparaison, en se basant sur une estimation de 12 700 exploitations équipées de traite robotisée dans le monde, la France représenterait 20 % du marché mondial en termes de nombre d’élevages. Cette proportion est toutefois bien inférieure en volume de robots, le nombre de stalle par élevage (1,3 à 1,4) en France étant faible par rapport à d’autres pays. Géographiquement, le nombre d’adhérents équipés d’un robot dépasse déjà la centaine dans quatre départements : Côtes-d’Armor, Finistère, Mayenne et Vendée.

Lely passe le cap des 2000 robots installés

Du côté des constructeurs, le dynamisme retrouvé des ventes favorise l’évolution et le renouvellement des produits. Après le creux de la vague de 2009 et 2010, où le marché était redescendu à moins de 500 robots, il devrait se vendre près de 800 unités en 2012. Le marché reste largement dominé par Lely et Delaval, qui réalisent à eux seuls plus de 85 % des ventes, Lely s’adjugeant plus d’une vente sur deux. En termes de robots installés, Delaval estime son parc à 1 300-1 400 automates, quand Lely annonce avoir passé la barre des 2 000 robots. La part du gâteau est mince pour les autres constructeurs, ce qui ne les empêche pas de poursuivre leurs investissements dans la traite robotisée. L’an dernier, le danois Sac a renouvelé son offre avec le RDS FutureLine MAX, tandis que Boumatic lançait son nouveau concept de robot à traite par l’arrière MR-S1. Fullwood Packo arrive cette année avec une nouvelle version de son robot Merlin. Quant à GEA Farm technologies, il s’est montré également très actif sur le terrain depuis le début de l’année avec son robot MIone.

Plus de 25 % des projets avec deux ou trois stalles

Le profil des éleveurs qui font le choix du robot a tendance à évoluer, selon Hervé Celard, responsable marketing chez Lely. « L’acheteur de robot était soit un technophile, soit un éleveur soucieux de rationaliser son temps de travail. Mais depuis deux ou trois ans, même des passionnées de génétique, très proches de leurs animaux, se lancent dans le robot. La multiplication des références économiques attire également le businessman ». Le robot attire ainsi de plus en plus d’éleveurs de tous horizons, ce qui explique que 40 à 50 % des nouvelles installations de traite sont des robots. La majorité des investissements sont encore limités à un seul robot, mais les installations à 2 ou 3 stalles représentent dorénavant plus de 25 % des projets. « Nous sommes encore loin des pays du Nord de l’Europe où les élevages à quatre robots sont courants », relativise Hervé Celard.
La démocratisation du robot passe également par le marché de l’occasion, le moyen de disposer d’un robot à prix réduit ou encore de deux robots pour le prix d’un neuf. C’est aussi la possibilité d’investir dans un deuxième robot, sans augmentation significative du cheptel. « Notre activité Lely Taurus représente une centaine de robots d’occasion reconditionnés », note le spécialiste.

L’occasion pour investir à moindre coût

Chez Delaval, l’occasion est une activité moins développée. Le constructeur suédois insiste en effet sur le caractère évolutif de son robot. « Un ancien VMS peut être mis à jour pour bénéficier des dernières évolutions. Il sera également compatible avec un VMS de dernière génération, dans le cas de l’investissement dans un deuxième robot », explique Edouard Alix, responsable VMS chez Delaval.

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