Les éleveurs n’ont pas raté leurs rendez-vous !

Catherine Perrot

Une cinquantaine d’éleveurs du secteur ont assisté au rendez-vous de l’élevage lait organisé à Saint-Lumine de Coutais, le 3 février dernier.
Une cinquantaine d’éleveurs du secteur ont assisté au rendez-vous de l’élevage lait organisé à Saint-Lumine de Coutais, le 3 février dernier.

L’organisme Élevage conseil Loire-Anjou vient de tenir huit rendez-vous de l’élevage, dédiés aux éleveurs laitiers et spécialement axés sur les grands troupeaux, de plus en plus présents sur le secteur.

Pathologies existantes

Les huit assemblées locales d’Élevage conseil Loire-Anjou viennent de se terminer. Au total, elles ont rassemblé 440 éleveurs, sur les deux départements de Loire-Atlantique et de Maine-et-Loire. Toutes ont été placées sous le thème des grands troupeaux, thème d’actualité s’il en est, à l’heure où les regroupements d’ateliers laitiers sont de plus en plus nombreux, et où le nombre moyen de vaches par élevage contrôlé par Élevage conseil a bondi (de 58 VL en 2013 à 62 VL en 2014).
Toutes les visites de l’après-midi se sont faites dans des fermes de plus 100 vaches et, en matinée, le thème d’actualité traité dans les assemblées locales était les risques sanitaires liés aux regroupements de troupeaux, ou, plus généralement, à toute arrivée de plusieurs nouveaux animaux au sein d’un troupeau existant.
À Saint-Lumine de Coutais, où le huitième et dernier rendez-vous s’est tenu mardi 3 février, Christine Richard, vétérinaire à Élevage Conseil Anjou, a fait un point sur ce sujet. Son premier constat : les éleveurs négligent l’aspect sanitaire du regroupement. « Quand ils envisagent un regroupement, les éleveurs contactent surtout leur banquier ! » constate-t-elle. Bien peu d’entre eux font appel à des conseils sanitaires, et, dans les rares cas où ils le font, celui-ci est généralement axé sur les maladies, type BVD ou IBR, et pas sur les pathologies d’élevages : boiteries, mammites, diarrhées.
Or les chiffres sont là, ce sont précisément ces dernières qui s’expriment lors d’un regroupement de troupeaux : une récente enquête a montré que sur 67 élevages ayant opéré une fusion de troupeau, 58 avaient eu des problèmes de boiteries, mammites ou diarrhées des veaux.

Pathologies existantes

« Ce ne sont pas des pathologies importées avec les nouveaux animaux », commente Christine Richard. « Elles étaient préexistantes dans l’élevage, et s’expriment à l’occasion du stress que constitue le regroupement ». La vétérinaire rappelle que les vaches sont des animaux grégaires, à la structure sociale établie avec des dominantes, des dominées et quelques marginales : l’arrivée d’un nouveau groupe bouleverse donc la hiérarchie préétablie !
L’une des premières précautions à prendre est une évidence : s’assurer que tous les animaux auront accès à la nourriture, à la boisson (très important, sinon les dominées ne vont plus boire !) et au logement.
Et par ailleurs, Christine Richard conseille une démarche assez simple, qu’elle résume par anticiper, évaluer, hiérarchiser, définir des seuils et surveiller. Anticiper, c’est ne pas attendre la veille du regroupement pour appeler son vétérinaire et prendre des conseils auprès de lui ; évaluer, c’est faire le point sur la situation sanitaire initiale, et ne pas hésiter à éliminer un animal trop plombé (une seule vache à cellules peut contaminer tout un troupeau !) ; hiérarchiser, c’est, parmi les conseils donnés, savoir ce qui est obligatoire et ce qui est optionnel ; enfin, définir des seuils et surveiller, après le regroupement, c’est par exemple, savoir qu’à partir de 5 veaux déclarant une diarrhée, il faut rappeler son vétérinaire et mettre en place une action.
Au moment du regroupement, la vétérinaire préconise également (entre autres), des mesures transitoires comme des vaccins des mères (anti-diarrhées des veaux), ou un traitement antiparasitaire. Elle recommande aussi l’installation de pédiluves pour les bêtes (attention notamment à la maladie de Mortellaro, en pleine expansion !) et pour les humains. Enfin, dernière préconisation, avant, pendant, après le regroupement (tout le temps en fait !) : tenir à jour son carnet sanitaire !

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