Les éleveurs néerlandais préparent la reprise

Virginie Quartier

Les éleveurs néerlandais préparent la reprise
Plus de 80 % de la production laitière des Pays-Bas est exportée. Les PGC ne représentent que 10 % de la valorisation du lait. - © Projet Vaches et Opportunités

Entre quotas phosphore et marchés mondiaux, les producteurs de lait attendent de l'UE l'ouverture de nouveaux marchés, pas un retour de la régulation.

Aux Pays-Bas, plusieurs facteurs limitent les impacts de la crise laitière selon Klaas Johan Osinga de LTO, le syndicat des agriculteurs néerlandais. Premier point, 80 % des producteurs de lait sont adhérents de Friesland Campina. "La coopérative vient de publier ses résultats 2015, et ils sont bons. Cela signifie que les éleveurs vont percevoir un complément de prix qui va, dans une certaine mesure, limiter l'impact du prix de base 2015. Le prix moyen du lait en 2015 pour Friesland Campina est de 346 euros/1000 litres, soit 19 % de moins qu'en 2014. En intégrant les intérêts aux parts sociales, il est de 370 euros. Il y a aussi un certain nombre de producteurs qui livrent à de petites coopératives avec des produits à valeur ajoutée qui s'en sortent bien" affirme Klaas Johan Osinga. "En revanche, pour les producteurs livrant à Doc Kaas, c'est beaucoup plus compliqué. Ils ont été frappés de plein fouet par l'embargo russe." L'autorité de la concurrence européenne vient de valider son rachat par DMK, la fusion devrait être effective au 1er avril.

Selon l'expert de LTO, aujourd'hui, les producteurs de lait sont beaucoup plus préoccupés par la question des nitrates et du phosphore que par le prix du lait (1). "À cause de cela, il n'y aura plus je pense de croissance comme nous en avons connu ces dernières années. Avec les quotas de phosphore, nous allons devoir réduire nos émissions de 4 à 8 %. Ça ne veut pas dire réduire la quantité de lait produite, mais moins d'animaux au total, revoir les rations, élever les génisses en Allemagne…"

L'agriculture est le bouc émissaire de conflits politiques

Plus de 80 % de la production laitière des Pays-Bas est exportée. Les PGC ne représentent que 10 % de la valorisation du lait. " Ce que nous attendons de l'UE, c'est la réouverture du marché russe. L'agriculture n'est qu'un bouc émissaire des désaccords politiques, avec de lourdes conséquences. Nous demandons aussi un soutien pour aller sur les marchés plus compliqués tels que le marché iranien qui vient de s'ouvrir. Nous espérons aussi que le prix du pétrole va repartir au-dessus de 50 dollars le baril pour que les pays producteurs de pétrole retrouvent du pouvoir d'achat."

Quant aux décisions prises le 14 mars en conseil des ministres de l'UE, pour Klaus Johan Osinga, il n'y a pas d'argent aux Pays-Bas pour augmenter le plafond des aides de minimi. " Et je ne crois pas qu'il y aura beaucoup de candidats pour remettre une régulation en place. Nous avons assez de contraintes sur notre production avec les plafonds d'émission de N et P. En 84 on a mis en place les quotas. Le prix du lait n'a pas augmenté, mais la Nouvelle-Zélande en a profité pour conquérir de nombreux marchés " conclut-il. D'ailleurs, malgré la mesure de stabilisation de la production prise par Friesland Campina en janvier et utilisée par 60 % de ses adhérents, la collecte de janvier est supérieure de 0,6 % à celle de décembre.

Source Réussir Lait

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Commentaires 1

Alu 37

c'est toute la différence entre d'un coté une filière qui s'est préparée à l'après quotas et qui va en profiter à fond, et de l'autre coté notre pauvre vieille filière Française incapable de se réformer ;;;
Mais le dictons ne dit il pas: "on a ce qu'on mérite"!
en tous cas ce n'est pas en portant l'illusion du retour de la régulation ou encore d'un accord sur les prix avec la distribution qu'on fera avancer la cause des producteurs français

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