Les marges de trituration sont faibles depuis 2011

Costie Pruilh - Réussir Lait Novembre 2012

Tourteau de colza gras. © C. Pruilh

La marge dégagée par la trituration des graines d'oléagineux s'est tassée en 2011. C'est ce qu'ont constaté les adhérents de la Cuma Huilerie de Loire en Layon dans le Maine-et-Loire. Mais s'affranchir du stress des fluctuations de prix et disposer d'un aliment de qualité sont des avantages qui rentrent aussi en ligne de compte.

« La rentabilité est fonction du rapport entre les prix des graines, du tourteau et de l’huile », souligne Jean-François Corbin, de la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire. La marge de trituration est la différence entre le prix de vente des tourteaux et de l’huile, et le prix d’achat de la graine. S’y ajoute la marge de stockage, bien connue des céréaliers. Ces marges doivent au moins couvrir les charges de presse et de stockage. Par exemple, pour septembre  2012, la marge de trituration colza est d’environ 60 €/t de graines = 960 €/t d’huile (38 % du poids des graines) + 305 €/t tourteau (62 %) – 490 €/t graines. La prestation de la Cuma est de 60 €/t de graines. « En juin 2010, quand l’usine de trituration a démarré, la marge de trituration était bonne. Les prix ne cessaient de monter. Le temps de triturer, et le prix de l’huile avait grimpé ! », se souvient Bruno Poupart, adhérent de la Cuma H2L dans le Maine-et-Loire.

Les bonnes années, le tourteau est « gratuit »

Les bonnes années, pour un éleveur qui amène ses graines, le prix de vente de sa quota part d’huile, auquel il retire la prestation de la Cuma, lui amène la même marge que s’il avait vendu ses graines et acheté du tourteau industriel. Sauf qu’en plus, il récupère un tourteau artisanal « gratuit » et de meilleure qualité.
Depuis un an, le prix des graines a beaucoup augmenté, alors que celui de l’huile et les tourteaux n’a pas augmenté aussi vite. « Pour l’huile, on a atteint un prix plafond, à partir duquel les acheteurs se tournent vers d’autres matières grasses végétales, comme l’huile de palme, notre gros concurrent.
La marge s’est donc tassée », développe Bruno Poupart. « Le gain le plus important pour les adhérents est qu’ils s’affranchissent du stress causé par les fluctuations de prix, et qu’ils ont à disposition un aliment de qualité », conclut Jean-François Corbin.

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