Les questions relatives à la fièvre catarrhale à moyen terme : Sa gestion collective, les questions que cela induit

Dr Didier GUERIN / Christian PETIT / Marien BATAIL

Au-delà du traitement individuel en urgence de la prévention, la gestion collective de cette pathologie à moyen terme est également source de nombreuses questions.

Dans l'article précédent, ont été abordées les réponses aux questions concernant la gestion à court terme de la vaccination fièvre catarrhale. La problématique en urgence est essentiellement relative à la protection individuelle de chaque élevage afin qu'il ne pâtisse pas d'atteintes cliniques et ne subisse pas de restrictions commerciales. Au delà, se situe la gestion collective, source également de nombreuses questions parmi celles évoquées lors des quelques 2.000 appels relatifs à cette maladie reçus au GDSCC. Cet article fait le point sur les questions les plus souvent rencontrées sur ce point.

Maintenant que la vaccination se met en place, faut-il maintenir la désinsectisation ?

Nous savons que la fièvre catarrhale est transmise par certains moucherons et que nous nous trouvons en forte période d'activité de ces insectes. Pour les élevages qui ont mis en place une désinsectisation généralisée (sur l'ensemble du ou des lots) et continue (une intervention par mois depuis la mise à l'herbe), cette prévention vis à vis des vecteurs peut être utilement poursuivie jusqu'à la prise de relais par la protection vaccinale qui sera d'une meilleure efficacité. Cela implique de réaliser la dernière opération de désinsectisation lors de la fin de la primovaccination (lors de la 2ème injection pour les bovins et l'injection unique pour les ovins). Rappelons que chez les ovins, il sera privilégié des « pour-on » huileux sur les animaux fraichement tondus ou des produits aqueux en pulvérisation 1 mois minimum après la tonte.

Les produits nés de mères vaccinées seront-ils immunisés ?

La vaccination (ou la contamination naturelle) d'une vache ou d'une brebis gestante va permettre une immunisation active de celle-ci qui va se traduire, notamment, par un enrichissement du colostrum en anticorps contre le virus de la fièvre catarrhale. Le nouveau-né va acquérir une immunisation passive grâce au colostrum qu'il absorbe à la naissance. Ces anticorps d'origine maternelle vont avoir une persistance de quelques mois. Au-delà, le veau ou l'agneau auront besoin d'une vaccination pour qu'eux-mêmes acquièrent une immunisation active. C'est cette interférence des anticorps maternels qui explique les différences d'âge minimum de vaccination selon que la mère est vaccinée (âge minimum 2,5 mois) ou non (âge minimum 1 mois).

 

La vaccination est-elle possible pour les chèvres ?

La vaccination des chèvres contre la fièvre catarrhale est peu évoquée car la maladie a été peu rencontrée dans cette espèce et que son indication chez les caprins présente des particularités. En théorie, les caprins sont concernés par la fièvre catarrhale, sérotype 8. Pour les autres sérotypes, comme les bovins, ils constituent des réservoirs. Dans la zone concernée jusqu'à maintenant par les atteintes cliniques en matière de fièvre catarrhale, sérotype 8, très peu de symptômes ont été observés chez les caprins. Il n'est pas encore établi si c'est en raison du faible nombre d'élevages et de leur situation en hors-sol ou si c'est du à une résistance naturelle. En matière de prescription, les vaccins contre la fièvre catarrhale, sérotypes 1 et 8, n'ont, pour l'instant, pas d'Autorisation Temporaire d'Utilisation (A.T.U.) pour les caprins, de ce fait, la prescription de ce vaccin chez les caprins se situe dans un contexte particulier du Code de la Santé Publique appelé « cascade » qui place la vaccination sous la responsabilité du vétérinaire. Par ailleurs compte tenu de la nature des adjuvants le délai d'attente de zéro jour peut s'appliquer pour l'ensemble des ruminants quelle que soit la denrée considérée (lait ou viande).C'est donc à chaque éleveur de décider, en fonction des connaissances actuelles, s'il vaccine ou non son troupeau. En fonction de ces différents éléments, la FNEC (Fédération Nationale des Elevages Caprins) recommande aux éleveurs de chèvres de vacciner leurs animaux contre la fièvre catarrhale, sérotype 8 avec une intervention en dehors des périodes de gestation lorsque c'est possible.

Comment se réalise la certification de la vaccination de tous les animaux ?

La certification de la vaccination se situe à deux niveaux, d'une part, dans le cadre des échanges commerciaux, d'autre part, pour la validation de la vaccination au niveau du troupeau. Pour satisfaire aux exigences de certaines conditions de mouvement, notamment l'exportation des broutards vers l'Italie, la certification de la vaccination se réalise, actuellement, par une validation au verso du passeport de l'animal concerné par le vétérinaire sanitaire. Cette opération doit être réalisée lors de la sortie des animaux de l'exploitation. Cela implique que cette intervention au dos des passeports peut se faire immédiatement après la 2ème injection de primovaccination ou, de manière décalée, jusqu'à la sortie des animaux à partir des informations portées sur le listing des animaux fourni aux vétérinaires qui est utilisé comme compte-rendu de vaccination pour l'ensemble des animaux vaccinés du cheptel. Rappelons que ces comptes-rendus sont réalisés en trois exemplaires, un pour l'éleveur qu'il conserve dans son registre d'élevage, un pour le vétérinaire et un pour le GDSCC. Cela permet d'établir une traçabilité et un historique de cette vaccination indispensable à l'organisation future.

 

Comment va se réaliser la vaccination pour les campagnes à venir ?

Nous allons passer, très certainement, à une vaccination contre la fièvre catarrhale collective, généralisée et obligatoire. Sachant que cette vaccination nécessite des rappels annuels et afin de limiter les manipulations d'animaux, le rappel de cette vaccination pourra être réalisé lors des prochaines prophylaxies collectives du troupeau pour les bovins avec, pour l'avenir, la mise en route d'un rythme annuel jusqu'à l'obtention des objectifs fixés. Pour cette année ce dispositif va générer des interventions assez rapprochées pour les élevages réalisant leurs prophylaxies en début de campagne, mais reste indispensable pour la bonne organisation à venir. Pour les ovins, la période d'intervention sera à déterminer au niveau de chaque élevage.

Quelles sont les modalités de facturation de cette vaccination ?

Comme historiquement en Creuse, pour les prophylaxies collectives, la facturation concernant la vaccination contre la fièvre catarrhale s'effectuera suivant le système tiers payant du GDSCC. A partir des éléments remontés par le vétérinaire sur le compte-rendu de vaccination à la fin de chaque période de vaccination pour un cheptel (à l'issue de la 2ème injection de primovaccination pour les bovins), le GDSCC facture à l'éleveur la part restant à sa charge, déduction faite des aides nationales, européennes et du Conseil Général. Il règle les vétérinaires et fournit les éléments pour la récupération des aides nationales et européennes. Enfin, il produit un récapitulatif auprès du Conseil Général pour récupérer la subvention départementale.

En conclusion, une gestion collective qui s'installe

Au-delà de la phase d'urgence dans laquelle nous nous situons encore et qui demande la mobilisation persistante de tous, la gestion à moyen terme de cette maladie se dessine. Pour plus de renseignements, contacter votre vétérinaire sanitaire ou le GDSCC.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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