Marchés du lait : La production mondiale ne devrait pas exploser

Costie Pruilh*

L'Institut de l'élevage doute que la hausse du prix du lait fasse exploser la production laitière. En raison du prix des céréales et des coûts de production élevés.

En 2007, les cours mondiaux des produits industriels ont flambé à partir du printemps, pour atteindre des niveaux inégalés en septembre, puis ont reflué en fin d'année. Finalement, le cours mondial de la poudre écrémée a presque doublé d'une année sur l'autre, et celui du beurre a progressé de 70 % en dollars, pointe une étude de l'Institut de l'élevage.
La production laitière a été la plus dynamique dans les nouvelles régions de consommation - Inde (+ 3 %), Brésil (+ 4 à 5 %), Chine (+ 10 %) - ainsi qu'aux États-Unis où la demande en fromages est le moteur de croissance. À l'inverse, elle a plutôt marqué le pas dans les pays qui assurent l'essentiel des échanges internationaux. L'Argentine et l'Australie ont subi des incidents climatiques qui ont affecté leur production, et l'élevage laitier subit une forte concurrence des céréales. La production argentine chute de 6 à 8 %, après plusieurs années dynamiques. L'Union européenne a maintenu sa production. Seule la production néo-zélandaise a continué de croître.

En Chine, nouvelle région de consommation, la production laitière a été dynamique en 2007, avec une hausse de 10 %.  (P. Le Douarin)

En Chine, nouvelle région de consommation, la production laitière a été dynamique en 2007, avec une hausse de 10 %. (P. Le Douarin)

Hausse des charges en Chine

Les principaux exportateurs ayant moins de disponibilité, les échanges internationaux de produits industriels ont fléchi. Seuls les échanges de fromages ont progressé, du fait d'une production dynamique et d'une demande asiatique forte.
L'Institut de l'élevage doute que la hausse du prix du lait fasse exploser la production laitière. Dans un pays comme la Chine, le lait se fait essentiellement à base de céréales devenues très onéreuses. Le secteur laitier subit l'envolée des coûts alimentaires et de l'énergie. Les États-Unis ne semblent guère en mesure d'accélérer la croissance d'une production déjà dynamique (+ 2 à 3 % par an), compte tenu du taux de réforme très élevé. Ils pourraient cependant davantage exporter si la demande intérieure manifestait des signes de fléchissement avec le ralentissement économique attendu dans le pays.
Finalement, conclut l'Institut, seule l'Union européenne serait en mesure de produire davantage si les États membres confirment l'intention de la Commission européenne d'accroître le droit à produire de 2 %.

* D'après l'étude Marchés mondiaux des produits laitiers, de l'Institut de l'élevage.

Source Réussir Lait Elevage Mai 2008

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