Martial Marguet* : largir l'horizon de l'Institut de l'élevage

Propos recueillis par Costie Pruilh

Pour faire face au désengagement financier de l'État et des Offices, l'Institut de l'élevage mise sur les partenariats, et la reconnaissance de son expertise partout dans le monde.

Comment le travail de l'Institut évolue-t-il suite au désengagement financier de l'État et des Offices ?

La façon de travailler à l'Institut de l'élevage a déjà commencé à évoluer vers plus d'expertises et de partenariats, sous la présidence de Bernard Airieau, et ce mouvement se poursuivra.

Tous les travaux de recherche appliquée sont conduits en partenariat, en premier lieu avec les chambres d'agriculture. Ce partenariat concerne les fermes expérimentales (Trévarez dans le Finistère, les Trinottières dans le Maine-et-Loire, Derval en Loire-Atlantique), les «réseaux lait», etc. Ces réseaux de références technico-économiques ont été entièrement reconfigurés cette année, avec un socle de 1.420 élevages, dont 400 en bovins lait.

Les relations avec l'Inra se sont aussi renforcées. Quatre unités mixtes de technologie ont été mises en place, notamment dans les domaines de la génétique et de la production
laitière (conduite du troupeau, environnement, équilibre matières grasses/matières protéiques).
Par ailleurs, nous avons développé nos collaborations avec nos partenaires européens
avec lesquels plus de dix programmes sont en cours.

Travailler ensemble fait gagner en efficacité et permet de faire des économies. C'est un moyen de faire face à la baisse des crédits publics. Le temps où chacun travaille dans son coin est révolu.

Martial Marguet. « Mon ambition est d'élargir le champ d'action de l'Institut de l'élevage à l'international, et de poursuivre le développement de notre expertise. » (C. Pruilh)

Martial Marguet. « Mon ambition est d'élargir le champ d'action de l'Institut de l'élevage à l'international, et de poursuivre le développement de notre expertise. » (C. Pruilh)

L'activité d'expertise de l'Institut de l'élevage se développe-t-elle ?

Développer l'expertise, c'est être capable de répondre avec réactivité aux demandes de la
profession, des filières économiques et aussi des pouvoirs publics sur l'identification et génétique, les techniques d'élevage et la qualité des produits, l'adaptation des systèmes d'élevage et études économiques. Avec le Cniel et la filière laitière, plusieurs expertises sont
contractualisées, principalement sur l'économie laitière, la traite, l'environnement, l'hygiène et la sécurité sanitaire, l'identification électronique des bovins…

Comment évolueront les thèmes de recherche ? Plus de technique ou plus de bien-être animal ?

Les orientations de l'Institut de l'élevage évoluent avec la PAC, la réglementation, les
marchés, les demandes de la société et de la profession. Aujourd'hui plus qu'hier, les
demandes de la profession prennent en compte celles de la société. Le développement durable s'inscrit dans nos priorités. L'Institut devra encore développer son activité sur la traçabilité, la sécurité sanitaire, l'environnement et le bien-être animal.

Mais les productions animales sont avant tout confrontées à des problèmes de rentabilité accentués par la hausse des coûts de production, donc de potentiel économique et d'attractivité du métier. L'innovation technique, l'apport de la génomique, l'adaptation des systèmes, la valeur ajoutée resteront plus que jamais essentiels.



Quelles sont vos ambitions pour ce mandat ?

L'Institut de l'élevage, c'est plus de 200 ingénieurs, 240 salariés en tout. La restructuration est faite. Il nous faut absolument maintenir ces compétences. D'ici la fin de l'année, nous aurons à décliner le nouveau « Plan national de développement agricole et rural ». Ce sera l'occasion de fixer les priorités pour les cinq ans à venir. En développant les réseaux partenariaux, notamment les actions en commun avec les instituts animaux Ifip (porc) et Itavi (aviculture) sur toutes les questions transversales à l'élevage. En renforçant aussi l'ouverture sur l'Europe et les prestations à l'international.

Face aux bouleversements en cours, l'Institut de l'élevage devra être encore plus prospectif et capable d'apporter des réponses innovantes et crédibles. Je m'attacherai particulièrement à la présence de la profession dans les orientations et au renforcement des relations interprofessionnelles.


* Martial Marguet, président de l'Institut de l'élevage, est éleveur en zone AOC comté, dans le
Doubs, et administrateur de sa coopérative. Il est vice-président de la FNPL, et siège au
conseil de l'Office de l'élevage.

Source Réussir Lait Elevage Septembre 2008

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