Massifs montagneux européens : Des enjeux très différents

Bernard Griffoul

Les massifs montagneux européens sont toujours en situation défavorable par rapport à la plaine mais il y a peu de convergences d'intérêts entre pays.

Selon ses caractéristiques propres, le niveau de valorisation et les politiques régionales ou nationales de soutien, l'avenir de la production laitière dans les massifs montagneux européens se dessine de manière très différente.

L'Espagne ne possède pas de modèle de production propre à la montagne. Il est partout très intensif, très dépendant des achats d'aliments et surtout soucieux de contenir ses coûts de production. Les exploitations de montagne sont peu soutenues et leur poids dans la production nationale se rétrécit. Le lait n'est pas différencié selon l'origine et les quelques appellations sont mal défendues. Dans ce contexte défavorable où n'émerge aucune réflexion en faveur de la montagne, le renouvellement des générations est de plus en plus incertain.

En Italie, la montagne est soumise à des disparités régionales très fortes en termes de soutiens car il n'y pas de politique nationale à son égard bien qu'elle occupe le tiers du territoire. Seules les trois provinces autonomes situées entièrement en montagne (Val d'Aoste, Trentin, Haut Adige) ont développé une politique volontariste de soutien à la production laitière. Dans les zones des grandes appellations, la fin des quotas fait courir le risque d'un transfert du lait vers la plaine. Les régions qui ont développé des initiatives spécifiques s'en sortiront mieux. Dans les provinces autonomes, une réflexion est engagée pour soutenir la production laitière de montagne, mais avec peu de concertation entre elles.

En Autriche, le prix modeste du lait de montagne est compensé par des aides publiques élevées. (B. Griffoul)

En Autriche, le prix modeste du lait de montagne est compensé par des aides publiques élevées. (B. Griffoul)

 

En Autriche, la politique des soutiens publics au lait de montagne maintient un certain statu quo au sein d'un secteur amont très atomisé et conforté par une forte pluri-activité de la cellule familiale. Les consommateurs y voient un gage de qualité des produits et de protection des paysages, les entreprises tirent leur épingle du jeu d'un prix du lait faible et les exploitations sont moins sensibles qu'ailleurs à la volatilité des prix. Mais une opposition se fait entre les zones de pentes et de vallées où la restructuration est plus rapide. L'État autrichien réfléchit au meilleur moyen de renforcer cette politique de soutien dans le nouveau contexte qui s'ouvre en Europe.

Source Réussir Lait Elevage Mars 2009

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