Prairiales : Demain, y aura-t-il encore de l'herbe en Normandie ?

Franck Mechekour

Même si la réponse est oui, il n'en demeure pas moins qu'en dix-huit ans, la surface toujours en herbe (STH) normande a diminué deux fois plus vite que la SAU.

« La prairie, cette image emblématique de la Normandie, a-t-elle encore de l'avenir ? La question se pose dans un contexte agricole plus favorable aux grandes cultures », expliquent les responsables du colloque organisé par Prairiales-Normandie, qui s'est tenu le 20 novembre dernier au lycée agricole du Robillard dans le Calvados. Bien sûr, la question se veut résolument provocatrice. Et la réponse est oui. D'abord parce que la Normandie est une région d'élevage. « Environ 75 % des exploitations ont des bovins », souligne Michel Lafont, agroéconomiste à la chambre régionale d'agriculture de Normandie. En outre, les prairies occupent encore environ 50 % de la SAU en Basse-Normandie et 30 % en Haute-Normandie.
Reste que la situation se dégrade. « Entre 1990 et 2007, les surfaces toujours en herbe ont perdu 275 000 hectares contre 133 000 hectares pour la totalité de la SAU. »
Autre constat peu rassurant : « Ce sont les exploitants les plus âgés qui ont les systèmes les plus herbagers. Les plus jeunes privilégient les systèmes avec plus de cultures », note Michel Lafont.

Entre 1990 et 2007, les surfaces toujours en herbe ont perdu 275 000 hectares contre 133 000 hectares pour la totalité de la SAU. (C. Pruilh)

Entre 1990 et 2007, les surfaces toujours en herbe ont perdu 275 000 hectares contre 133 000 hectares pour la totalité de la SAU. (C. Pruilh)

Des atouts économiques

L'accord politique annoncé le 20 novembre à l'occasion du bilan de santé de la PAC pourraient cependant redonner un coup de pouce aux prairies. « Le dispositif de maintien des surfaces en herbe a été réaffirmé. La réduction de la proportion d'herbe dans les surfaces déclarées au-delà d'un seuil évalué à l'échelle nationale conduira à la mise en oeuvre d'un dispositif de plus en plus contraignant, pouvant aller jusqu'à l'obligation de resemer des prairies pour les agriculteurs qui les ont retournées. »
Qui plus est, les prairies conservent ou gagnent de nouveaux partisans dans différents systèmes de production performants.
Afin de cibler les conseils pour aider les éleveurs à mieux valoriser leurs prairies, les chambres d'agriculture de Normandie ont mené une enquête dans quatre-vingt-quatre exploitations à orientation majoritairement laitière.
Ces enquêtes montrent que « les aspects économiques (28 % des citations) sont le principal atout des prairies selon les éleveurs interrogés », souligne Jean-Jacques Beauchamp, de la chambre d'agriculture du Calvados.
Les aspects environnementaux et paysagers sont également très cités, tout comme la valeur alimentaire de l'herbe. « L'allègement du travail ne vient qu'en quatrième position. »
Les principales contraintes citées autour du pâturage sont l'irrégularité de la pousse de l'herbe, le travail et le manque d'outils pour gérer le pâturage au printemps.

Source Réussir Lait Elevage Janvier 2009

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