Premier semestre 2010 : Trois types de contrats vont être lancés sur le marché à terme européen »

Propos recueillis par Thierry Michel et Emeline Bignon

La bourse européenne Nyse Euronext s'apprête à lancer des contrats de couverture sur trois types de produits laitiers. Le point avec Peter Blogg, responsable du développement des nouveaux produits dérivés à Nyse Euronext.

Quand et comment est née cette idée ?

Peter Blogg — Cela fait plus d'un an que nous travaillons sur les spécifications de ces contrats. Au démarrage, nous avons été sollicités et avons reçu le soutien de plusieurs acteurs de la filière laitière. À la fois de la part de groupes de producteurs et de transformateurs, coopératives ou industriels, y compris en France, mais aussi d'intermédiaires financiers. Les pays qui se sont montrés les plus intéressés par cette initiative sont les Pays-Bas, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
L'idée est de créer des contrats pour le marché à terme européen. Il s'agit de contrats négociés sur un marché boursier organisé, et pas de contrats de gré à gré. Cela signifie que les contrats sont standardisés : seul le prix est négocié. Contrairement aux contrats de gré à gré où les deux parties sont libres de fixer les paramètres selon leur convenance. Trois produits sont concernés par ces contrats : la poudre de lait écrémé, le beurre et le lactoserum. Le lait frais n'est pas concerné.

Peter Blogg, de Nyse Euronext : « Le marché à terme est un outil qui permet de se couvrir contre les risques de volatilité des prix du lait » (Nyse Euronext)

Peter Blogg, de Nyse Euronext : « Le marché à terme est un outil qui permet de se couvrir contre les risques de volatilité des prix du lait » (Nyse Euronext)

Pourquoi créer de tels outils financiers ?

P.-B. — Les transformateurs qui ont travaillé avec Nyse Euronext nous ont expliqué que la volatilité du prix du lait allait demeurer un élément significatif dans les années à venir. Il s'agit donc de créer des outils qui permettent de gérer l'exposition à cette volatilité des prix. D'où ces instruments financiers que sont les contrats de couverture. Ceux-ci permettent de gérer et de planifier ses volumes de production pour se protéger des risques de fluctuation de prix. Il faut bien comprendre cela : ces outils permettent de gérer la volatilité des prix, mais en aucun cas ils ne la suppriment.

Les coopératives et industriels devront avoir une certaine taille pour opérer sur les marchés à terme. (Nyse Euronext)

Les coopératives et industriels devront avoir une certaine taille pour opérer sur les marchés à terme. (Nyse Euronext)

 

Qui pourra participer à ce marché et dans quelles conditions ?

P.-B. — Nous espérons que tous les acteurs de la filière pourront utiliser ces outils. Ceci dit, il est évident que les intervenants devront posséder une certaine taille pour pouvoir opérer directement sur ce marché. Concrètement, en France, ce sont les coopératives ou industriels qui seront concernés. Ils pourront ouvrir un compte chez un courtier pour passer leurs ordres. Les intervenants devront avant tout définir une stratégie qui établira clairement comment ils veulent utiliser ces outils et ce marché. Il faut garder à l'esprit qu'il ne s'agit que d'instruments financiers qui coexistent avec les négociations que les acteurs peuvent mener sur les marchés physiques. Ces marchés à terme ne remplacent pas les marchés physiques et ils ne sont en aucun cas un nouveau canal pour vendre ses produits laitiers. On est dans une logique de couverture par rapport à des risques de volatilité. La date précise de lancement n'est pas encore connue, mais ce sera pendant le premier semestre 2010.

Source Réussir Lait Elevage Novembre 2009

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