Production laitière : L'herbe n'est pas forcément plus verte dans les autres pays européens »

Annick Conté

Pour Jean-François Verdenal, président d'EDF, c'est la maîtrise des charges, la gestion des hommes et la capacité d'anticiper et d'innover qui feront demain la différence entre les exploitations européennes.

« Tous les pays ont des atouts pour la production laitière mais tous ont aussi des difficultés. L'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs !,a expliqué Jean-François Verdenal, président d'EDF (European dairy farmer) le 23 avril dernier(1). En Belgique par exemple, le coût de la terre est exorbitant (40 000 €/ha), en Slovaquie le prix du lait est descendu à 18 c, en Hollande c'est le taux d'endettement des exploitations qui est très élevé (jusqu'à 2 €/l lait) avec un quota à 70 c/l lait, etc. « L'avenir du lait dans une région est davantage lié aux hommes qu'au territoire ».
Cette affirmation, l'éleveur lorrain(2) la tire de son expérience du réseau EDF qui rassemble 400 éleveurs et techniciens de 18 pays européens. L'objectif pour les 280 éleveurs adhérents est d'échanger des idées et des informations avec leurs voisins européens. « Nous comparons tous les ans nos coûts de production en incluant les charges calculées liées à la main-d'oeuvre et au capital. Le seuil de rentabilité (c'est-à-dire le prix du lait minimum pour couvrir toutes les charges) varie en 2008 de 18 à 55 c/kg lait entre les adhérents. On observe des écarts entre pays : le groupe français (une cinquantaine d'éleveurs) se situe à 32 c, l'Irlande à 27, les Pays-Bas à 28, l'Allemagne à 29, pour une moyenne EDF à 31 c/kg. Mais il y a davantage d'écarts entre les éleveurs d'un même pays qu'entre les moyennes de chaque pays. »

De 18 à 55 c/kg de lait

La tendance générale est à une diminution des coûts de production avec la taille du troupeau, elle varie dans le réseau de 40 à 1800 vaches. Il existe par ailleurs une forte corrélation entre la maîtrise des charges et le bénéfice dégagé (après rémunération du travail et du capital) ; un quart des éleveurs dégagent en 2008 un bénéfice positif. Au niveau productivité du travail, la France se situe à 150 kg de lait/heure de travail, en dessous de la moyenne EDF qui est de 175-180 kg/h. À l'inverse, l'Irlande, grâce à son système simplifié, grimpe à 210, et les Pays-Bas, grâce à une forte mécanisation et spécialisation, à 260.

Jean-François Verdenal, président European dairy farmer. « L'avenir du lait dans une région est davantage lié aux hommes qu'au territoire ». (A. Conté)

Jean-François Verdenal, président European dairy farmer. « L'avenir du lait dans une région est davantage lié aux hommes qu'au territoire ». (A. Conté)

 

Les relations humaines avant tout

De quoi aura-t-on besoin demain sur une exploitation laitière ? « D'abord d'une dimension « éleveur », c'est-à-dire d'une personne capable de détecter une vache à problème en se promenant dans le troupeau. Mais aussi d'une dimension entrepreneur avec en tête la relation humaine, ce qui est le plus difficile à gérer : 1+1 peut faire 2,5 mais aussi 1,5, répond Jean-François Verdenal. La maîtrise des charges est essentielle mais attention aux fausses économies (nous en avons fait l'expérience sur notre exploitation en voulant économiser sur le vaccin BVD, on a mis trois ans à se remettre de la maladie !) et sans oublier l'optimisation fiscale et sociale qui se mesure elle en milliers d'euros. Il est important aussi de définir une stratégie pour pouvoir prendre les décisions au quotidien. Pour cela, il faut se former et sortir de chez soi. »

(1) Lors de l'assemblée générale de la FNCL.
(2) En Gaec avec son frère sur 180 ha, 530 000 litres de lait, avec un salarié.

(1) Lors de l'assemblée générale de la FNCL.
(2) En Gaec avec son frère sur 180 ha, 530 000 litres de lait, avec un salarié.

Source Réussir Lait Elevage Juin 2009

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