Produire à la demande

Annick Conté - Réussir Lait Avril 2012

Produire à la demande
Effectif, alimentation, traite : quels leviers utiliser pour adapter sa production à la demande de sa laiterie ? Crédit photo : Franck Mechekour

Depuis la campagne exceptionnelle 2007-2008, le marché du lait subit d’importantes fluctuations qui se répercutent brutalement sur les volumes à produire et le prix du lait. Quels sont les leviers pour y faire face ?

Pour en savoir plus

Produire à la demande

Voir dossier de Réussir Lait d'avril 2012. R. Lait n° 257, p. 28 à 44.P30 Effectifs, alimentation, traite Quinze fiches « Flexi-sécurité » pour bien piloter sa productionP34 En Haute-Marne « Nous avons étalé les vêlages pour optimiser notre bâtiment »P38 Dans le Morbihan « Nous achetons ou empruntons des vaches à un voisin »P42 Dans le Cantal « Il y a du lait qui ne vaut pas le coup d’être produit »

Les quatre dernières campagnes laitières illustrent bien le nouveau contexte : il va falloir à l’avenir être capable de produire plus en période favorable et de résister en période difficile. Quels sont les leviers permettant d’agir immédiatement ou d’ajuster les volumes à plus long terme ? C’est ce que nous vous présentons dans ce dossier qui s’appuie sur le projet Casdar sur la « Flexi-sécurité » des élevages laitiers lancé en 2011 par l’Institut de l’élevage avec les chambres d’agriculture de huit régions et l’Inra. Un projet qui devrait déboucher en septembre 2013 sur un guide pratique.
Une première étude a été menée sur près de 400 exploitations des réseaux d’élevage sur les quatre dernières campagnes laitières. Trois stratégies sur les volumes de livraison se distinguent : stabilité sur les quatre ans, hausse des livraisons suivie d’une baisse (pour produire les allocations provisoires de la campagne 2007-2008), stratégie de croissance régulière (au niveau main-d’œuvre, foncier, quotas…). Aucune différence notable de niveau de rémunération dans les trois groupes d’exploitations n’a été observée : la rémunération du travail oscille en moyenne entre 87 et 95 euros pour 1000 litres. En revanche à l’intérieur des groupes, des écarts d’efficacité considérables sont constatés (environ 140 euros pour 1000 litres d’écart entre les quarts inférieurs et supérieurs de chacun des groupes !). Ces écarts tiennent principalement aux charges courantes (fourrages, concentrés, frais d’élevage) et à la conjoncture (prix des intrants). « La maîtrise des coûts est à réaliser avant d’engager la croissance des volumes, en déduit Benoît Rubin de l’Institut de l’élevage. Il est illusoire de compter uniquement sur la dilution des charges de structure. »

Des leviers plus ou moins pertinents

Autre constat : le levier « effectif VL » ressort plus pertinent que le levier alimentaire. C’est ce que montrent les résultats économiques du groupe « allocations provisoires ». « Le quart inférieur a produit le lait supplémentaire avec du concentré en intensifiant la production (+800 kg/VL/an), et le revenu n’est pas au rendez-vous. Le quart supérieur a mieux maîtrisé ses charges et joué sur l’effectif VL ». Encore faut-il que les capacités productives de l’exploitation permettent d’augmenter l’effectif. Et rien n’empêche pour être plus réactif de combiner les différents leviers.

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