Produire pour le marché en préservant la rentabilité des exploitations

La rédaction

La forte saisonnalité de la production laitière est un problème récurrent. (J. Chabanne)

Dans un système moins encadré, il faudra se préoccuper davantage des demandes des marchés, et être en mesure de piloter finement sa production. Produire quand la demande est forte, répondre aux attentes des consommateurs...

Il était un temps où les transformateurs laitiers demandaient juste aux producteurs un lait de qualité. Puis est venu le temps du démantèlement progressif de la PAC, et viendra celui de la fin des quotas. Avec la fin de l'encadrement administratif des marchés, les prix sont plus volatiles, et les éleveurs sont plus exposés aux marchés. Il va donc falloir davantage tenir compte des demandes des marchés. Point positif, les perspectives pour la demande mondiale de produits laitiers sont bonnes.

C'est dans ce contexte de fin des quotas et de croissance de la consommation mondiale, que de nouvelles relations entre les producteurs et les laiteries se mettent en place, notamment à travers la contractualisation. Quelles sont les attentes des laiteries en termes de volume et de qualité du lait pour répondre aux demandes ? Tous les transformateurs cherchent les outils de demain pour encadrer la production laitière.

Une enquête de l'Institut de l'élevage montre que suivant leur statut, suivant qu'elles sont dans un bassin à fort potentiel laitier ou non, suivant leur éventail de produits…, les laiteries ne sont pas toutes confrontées aux mêmes enjeux et n'envisagent pas les mêmes systèmes d'encadrement. Quelques coopératives ont mis en place des systèmes double volume double prix, tous différents. Des privés prévoient d'encadrer strictement les livraisons. Certains transformateurs engagent les producteurs à produire régulièrement sur l'année, à travers leur contrat.

De leur côté, les producteurs cherchent à s'organiser, refusant de laisser aux seules entreprises la gestion de la maîtrise des volumes. C'est la rentabilité de demain des exploitations qui est en jeu. Les premières propositions de contrats des privés ont soulevé un tollé et des négociations sont en cours pour les faire évoluer. Quant aux systèmes de double volume double prix, une partie des producteurs, déplorant un passage en force et craignant un manque de transparence entre les volumes A et B, les rejettent.

Mais au-delà de la gestion des volumes, produire pour le marché c'est aussi répondre aux attentes sociétales en matière de qualité nutritionnelle et d'environnement. Certaines entreprises cherchent à impliquer les éleveurs au travers de démarches comme Bleu Blanc Coeur qui vise à améliorer le profil en acides gras du lait. Là aussi les producteurs devront rester vigilants sur les conséquences de ces démarches sur la rentabilité de leur exploitation.

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Lait de septembre 2011. « Produire pour le marché », R. Lait n°250, septembre 2011, p. 76 à 101.

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